Place Tian’anmen : la liberté massacrée
Jacques Langevin

© Jacques Langevin

Du 7 octobre au 3 novembre

Il y a 30 ans, un vent de liberté soufflait sur la jeunesse chinoise. Il y a 30 ans, dans la nuit du 3 au 4 juin 1989, l’armée de Li Peng et Deng Xiaoping réprimait ce désir de démocratie dans un bain de sang en perpétrant le massacre de milliers de manifestants pacifistes place Tian’anmen.
Le mouvement étudiant débute avec la mort du leader réformateur Hu Yaobang en avril. Cet homme, très apprécié de la jeunesse chinoise est l’élément déclencheur des manifestations puis de l’occupation de la place Tian’anmen à Pékin par une jeunesse réclamant moins de corruption et plus de démocratie. Le mouvement prend rapidement de l’ampleur, les manifestations deviennent quotidiennes et la population ouvrière se joint aux revendications des étudiants. Ces derniers profitent de la visite historique de Mikhaïl Gorbatchev pour perturber le protocole gouvernemental et obtenir une couverture médiatique mondiale. Le gouvernement fait alors appel à de jeunes soldats conscrits venus des provinces et à qui l’on explique qu’ils doivent mettre un terme à un mouvement révolutionnaire. Cependant, les étudiants exposent leurs revendications et manifestants et militaires fraternisent contrairement à ce qu’escomptait le pouvoir communiste.
Après cela, le gouvernement chinois – souhaitant mettre fin au mouvement – rassemble des régiments de soldats aguerris en différents points de la capitale et donne l’ordre de briser la contestation.
Dans la nuit du 3 au 4 juin, l’armée envahit la place Tian’anmen. Les chars et les troupes militaires démolissent les campements des manifestants. Les blindés écrasent tout sur leur passage, humains compris. Aux tentatives des étudiants de construire des barricades de fortune et aux jets de pierres répondent les mitrailleuses. L’armée du peuple tire sur le peuple.
A ce jour, le nombre de victimes reste inconnu. Moins de 300 selon la Chine, militaires compris. Ils seraient en fait presque 10 000 à avoir perdu la vie. Aux victimes de cette nuit sanglante s’ajoutent de nombreux leaders, étudiants et témoins disparus dans les geôles gouvernementales.
En 2019, les événements qui se sont déroulés il y a 30 ans place Tian’anmen restent le plus grand tabou de l’histoire de la Chine moderne. Le pouvoir en place a imposé l’amnésie générale dans tout le pays. La liberté d’expression dans la rue et sur les réseaux sociaux reste contrôlée, censurée, interdite et réprimée.


Musée Mémorial de la Bataille de Normandie
2, Boulevard Fabian Ware
Ouvert tous les jours de 10 à 12h30 et de 14h à 18h

Entrée Libre

octobre 7 @ 10:00

10:00

– 11:00

(1h)

Musée Mémorial de la Bataille de Normandie