Prix Bayeux Calvados-Normandie 2023 : Cérémonie de remise des prix

Visionnez l’intégralité de la cérémonie du 14 octobre 2023


30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre : le palmarès

Plus de quarante grands reporters étaient réunis à Bayeux, les 13 et 14 octobre 2023, pour délibérer et décerner les trophées des catégories photo, presse écrite, radio, télévision, télévision grand format, jeune reporter (presse écrite) et image vidéo. Trois prix spéciaux ont également été attribués : le Prix Région Normandie des lycéens et des apprentis (télévision), le Prix du public (photo) et le Prix Ouest-France – Jean Marin (presse écrite). Présidé par Don McCullin, le jury international de ce 30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre a rendu son verdict…

Le mot de Don McCullin, président du jury international :
« Ce fut un honneur et une très belle expérience d’être Président du jury de la 30e édition du Prix Bayeux. Les deux jours de délibérations ont été riches. Stressants au départ – notamment samedi matin pour moi avec la Catégorie Photo – mais captivants. Les débats ont été à la fois intéressants et difficiles : il n’a pas été simple de départager les sélectionnés mais chaque membre du jury a été attentif et bienveillant. Les perdants ne doivent pas être déçus ; les gagnants méritent leurs prix. »


CATÉGORIE PHOTO – JURY INTERNATIONAL
PRIX NIKON

1er Prix

Siegfried MODOLA
Freelance
Au cœur de la rébellion birmane
BIRMANIE

Des soldats Karenni se réfugient dans un fossé de drainage alors qu'un obus de mortier explose à proximité lors de violents affrontements le 16 avril 2023, dans le village de Daw Nyay Khu, dans l'État de Kayah (Karenni), dans l'est du Myanmar (Birmanie). Deux ans après que le Myanmar a plongé dans la guerre civile, l'armée du pays a pris de plus en plus de mesures drastiques pour détruire le soulèvement, avec un lourd tribut pour la population civile. En avril de cette année, une frappe aérienne de la junte a tué 168 hommes, femmes et enfants. L'année dernière, l'armée a frappé une école avec des hélicoptères d'attaque, tuant plusieurs enfants. Le même mois, un bombardement aérien d'un concert a tué environ 50 personnes. © Siegfried MODOLA
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2e Prix

Evgeniy MALOLETKA
ASSOCIATED PRESS
War in Ukraine
UKRAINE

3e Prix

Alessio MAMO
THE GUARDIAN
Crimes de guerre contre les civils
UKRAINE


CATÉGORIE TV – JURY INTERNATIONAL
PRIX AMNESTY INTERNATIONAL

1er Prix

Nick PATON WALSH
Brice LAINÉ
Natalie GALLON
Etant DUPAIN
CNN
Gangs gain the upper hand in war with Haitian police
HAÏTI

2e Prix

Quentin SOMMERVILLE
Darren CONWAY
BBC NEWS
Sur l’Ukraine, ligne zéro
UKRAINE

3e Prix

Luc LACROIX
Artur KOUN
Alexandra DALSBAEK
France 2
Les deux visages de Marioupol occupée
UKRAINE


CATÉGORIE PHOTO – PRIX DU PUBLIC
PARRAINÉ PAR L’AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT

1er Prix

Paula BRONSTEIN
GETTY IMAGES
The consequences of Ukraine war
UKRAINE

KHARKIV, UKRAINE - Un coucher de soleil coloré est vu sur des tombes militaires qui remplissent un cimetière bondé le 15 mars 2023 à Kharkiv, en Ukraine. Le grand cimetière rappelle combien de personnes ont été récemment tuées à Bakhmut alors que les soldats ukrainiens sont durement touchés de trois côtés par les forces russes, faisant de nombreuses victimes. © Paula BRONSTEIN / Getty Images
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CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE – JURY INTERNATIONAL
PRIX DU DÉPARTEMENT DU CALVADOS

1er Prix

Anthony LOYD
THE TIMES
L’otage oublié
IRAK – SYRIE – MAROC

2e Prix

Louis IMBERT
LE MONDE
Gaza – Cisjordanie
PALESTINE

3e Prix

Florent VERGNES
XXI
Russafrique, les mercenaires de Poutine
RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


CATÉGORIE RADIO – JURY INTERNATIONAL
PRIX DU COMITÉ DU DÉBARQUEMENT

1er Prix

Maurine MERCIER
RTS – FRANCE INFO
La double peine d’une mère victime de viols à Boutcha
UKRAINE

2e Prix

Quentin SOMMERVILLE
BBC NEWS
Ligne de front en Ukraine
UKRAINE

3e Prix

Jean Samuel MENTOR
HAITINEWS2000.NET
Haïti : le corps des femmes, terrain de guerre des bandits
HAÏTI


CATÉGORIE JEUNE REPORTER (PRESSE ÉCRITE) – JURY INTERNATIONAL
PRIX CRÉDIT AGRICOLE NORMANDIE

1er Prix

Francis FARRELL
THE KYIV INDEPENDENT
Dans l’enfer de Bakhmout : des mois d’une rare violence
UKRAINE


CATÉGORIE TV GRAND FORMAT – JURY INTERNATIONAL
PRIX INTERNATIONAL CRISIS GROUP

1er Prix

Edward KAPROV
Daniel FAINBERG
Eugene TITOV
Coproduction MAGNETO PRESSE et POLKA
pour ARTE REPORTAGE
Ukraine : un photographe dans la guerre
UKRAINE

2e Prix

Philomène REMY
Quentin BAULIER
Sofia KOCHMAR-TYMOSHENKO
Alexandra DALSBAEK
Simon TERRASSIER
BFM TV
Russie : les enfants volés d’Ukraine
UKRAINE – RUSSIE


CATÉGORIE IMAGE VIDÉO – JURY INTERNATIONAL
PRIX ARTE, FRANCE 24, FRANCE TÉLÉVISIONS

1er Prix

Quentin SOMMERVILLE
Darren CONWAY
BBC NEWS
Sur l’Ukraine, ligne zéro
UKRAINE


CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE – PRIX OUEST-FRANCE – JEAN MARIN

1er Prix

Louis IMBERT
LE MONDE
Gaza – Cisjordanie
PALESTINE


CATÉGORIE TV – PRIX RÉGION NORMANDIE DES LYCÉENS ET DES APPRENTIS

1er Prix

Nick PATON WALSH
Brice LAINÉ
Natalie GALLON
Etant DUPAIN
CNN
Gangs gain the upper hand in war with Haitian police
HAÏTI


L'autre Débarquement : les correspondants de guerre en Normandie

Pour sa 30e édition et à l’aube du 80e anniversaire du Débarquement, le Prix Bayeux propose une exposition exceptionnelle autour des correspondants de guerre de la Bataille de Normandie. « L’autre Débarquement » offre un regard inédit sur le plus grand conflit du XXe siècle : celui de celles et ceux qui, pour rien au monde, n’auraient laissé leur place de témoins historiques. Pascal Vannier, auteur et journaliste bien connu en Normandie pour avoir exercé à la Presse de la Manche et sur France 3, est commissaire de cette exposition inédite. Entretien.

Le correspondant de guerre Charles Lynch s'entretient avec le tirailleur Albert Jesson pendant l'attaque de l'aéroport allemand de Carpiquet. 4/07/1944, Carpiquet © Michael M. Dean / Library and Archives Canada

Pourquoi une exposition sur les correspondants de guerre en Normandie ?

« Si le sujet avait déjà été traité, il ne l’avait jamais été dans sa globalité. Ici, toutes les nationalités, tous les médias sont explorés. Évidemment, la vision anglo-saxonne est prépondérante mais l’on découvrira de nouvelles facettes du traitement médiatique international de cette page d’Histoire. Nous avons tous déjà vu, lu, entendu des reportages réalisés en Normandie en 1944, mais qui sont les correspondants derrière ceux-ci ? Comment les ont-ils réalisés ? Pourquoi ? L’exposition « L’autre Débarquement : les correspondants de guerre en Normandie » est non seulement une grande revue de presse des événements qui ont marqué à tout jamais la région, mais également une mise en lumière du travail des reporters qui ont offert au monde une mémoire indélébile. »

On connaît Capa, Hemingway, Pyle… Quels autres noms retrouvera-t-on dans l’exposition ?

« L’exposition reviendra sur ces grands noms du reportage de guerre mais également sur les destins de journalistes anonymes ayant tout fait pour rejoindre la presse civile. Bert Brandt qui ne faisait confiance à personne et ralliait l’Angleterre en bateau-stop pour amener lui-même ses photos à Londres ; Herman Wall qui, touché à la jambe, ne se souciait que de sauver ses pellicules ; Rudolph Dunbar, chef d’orchestre et correspondant afro-américain qui, après la fin de la guerre, fut le premier artiste noir à diriger le Philharmonique de Berlin… Tous avaient la conviction d’aller défendre les valeurs du monde libre, aux côtés des militaires. Leurs histoires et leurs clichés oubliés seront à découvrir à Bayeux. »

Quelle sera la place des femmes ?

« Toute une partie de l’exposition leur sera consacrée. Au fur et à mesure de l’avancée de nos recherches, nous avons constaté le poids des correspondantes de guerre et le tournant qu’a constitué la Seconde Guerre mondiale pour elles. Malgré le sexisme présent dans la profession et dans les rangs armés – Montgomery les qualifiait de « nuisance inutile » – et en dépit de l’interdiction d’aller au front, elles se sont imposées par la qualité et la sensibilité de leurs reportages. Non sans conséquences… »

De quoi l’exposition sera-t-elle constituée ?

« D’images en noir et blanc et en couleur, de correspondances personnelles, de reportages radiophoniques et d’objets uniques tels ce midget – sorte de gramophone qu’utilisaient les correspondants de la BBC pour enregistrer dans les conditions du direct – ou ces pressbags qui permettaient d’acheminer les bobines jusqu’à Londres. Le Château de Vouilly, centre de presse durant l’été 1944, a l’amabilité de nous prêter la table sur laquelle Ernie Pyle travaillait. Nous aurons aussi des originaux des livres de Robert Capa ainsi que des journaux Life ou Collier’s, avec un article d’Hemingway, ou encore du magazine Signal, outil de propagande nazie. »

Trois correspondantes de guerre (Virginia Irwin du Saint Louis Post Dispatch, Marjorie Avery du Detroit Free Press et Judy Barden du New York Sun) travaillant à l'ombre d'un pommier © Archives de la Manche/conseil dép., Fonds de photographies américaines.

Le point de vue des Allemands sera donc abordé ?

« La revue de presse sera internationale et le portrait des correspondants de guerre allemands ne sera pas éclipsé. Qui étaient-ils ? Quelles étaient leurs relations avec le parti nazi ? Comment le 6 juin a-t-il été traité dans la presse allemande ? Grâce au soutien de l’ECPAD* d’Ivry-sur-Seine, nous avons retrouvé des photos exceptionnelles réalisées par les Allemands. Ce sont des clichés qu’on connait peu voire pas du tout de la Bataille de Normandie. »

« L’autre Débarquement : les correspondants de guerre en Normandie », exposition à découvrir du 9 octobre au 12 novembre 2023 à l’Hôtel du Doyen.

* Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense


Inscriptions Prix du public

Un jury public désignera, samedi 14 octobre, son lauréat dans la catégorie Photo.

Ce prix du public sera décerné lors de la soirée de remise des prix.
10 h : vote du jury du public parrainé par l’Agence Française de Développement.
11 h : temps d'échange avec la photojournaliste Sandra Calligaro.

Samedi 14 octobre à 10h

Halle ô Grains
66, rue Saint-Jean
Ouverture des portes à 9 h 30

Réservation indispensable ici

En cas d'impossibilité de dernière minute, veuillez nous prévenir au 02 31 51 60 47


Inscriptions soirée de remise des prix

Cette soirée, présentée par Nicolas Poincaré, sera l'occasion de faire le point sur l'actualité de l'année écoulée. Elle sera ponctuée de sujets inédits spécialement réalisés pour ce rendez-vous. Le public découvrira également les reportages lauréats, en présence du jury et de nombreux journalistes.

Samedi 14 octobre à 18h30 

Pavillon Place Gauquelin Despallières

Ouverture des portes à 17h

Réservation obligatoire ici

En cas d'impossibilité de dernière minute, veuillez nous prévenir au 02 31 51 60 47


Lectures de portfolio Nikon - Inscriptions

Les lectures de portfolio Nikon se dérouleront le vendredi 13 octobre 2023 de 13h30 à 16h30 et seront réalisées par des grands professionnels de l'image et du photoreportage. Ces lectures s'adressent aux amateurs et professionnels qui ont déjà réalisé des photoreportages sur des sujets liés à l'actualité ou dans des zones à risques (zones de conflits, manifestations, faits sociétaux...).

Pour candidater, il est nécessaire d’envoyer une lettre de motivation et 20 photographies issues d’un ou plusieurs photoreportages sur une thématique précise à nikonbayeux@gmail.com avant le 3 septembre 2023.


Visuel

Le visuel de l’affiche 2023 reprend une photo du reportage primé en 2022. Il s’agit d’un cliché issu du reportage lauréat du photographe ukrainien Evgeniy Maloletka sur le siège de Marioupol réalisé en mars 2022.

Légende : Des personnes se mettent à terre dans un hôpital pendant un bombardement des forces russes à Marioupol, Ukraine, le vendredi 4 mars 2022.

Evgeniy Maloletka est un photographe de guerre, journaliste et réalisateur ukrainien qui couvre la guerre en Ukraine depuis 2014.
Il a réalisé des reportages sur la révolution Euromaïdan, les manifestations en Biélorussie, la guerre du Haut-Karabagh et la pandémie de COVID-19 en Ukraine.
Son travail a été publié dans de nombreux médias internationaux : TIME, The New York Times, The Washington Post, Der Spiegel, Newsweek, The Independent, El Pais, The Guardian, The Telegraph
En février et mars 2022, lors de l’invasion russe en Ukraine, Mstyslav Chernov et Evgeniy Maloletka, travaillant tous les deux pour Associated Press, ont séjourné à Marioupol, qui était encerclée par les troupes russes, assiégée et soumise à d’intenses bombardements. Ils étaient parmi les rares journalistes et, selon Associated Press, les seuls journalistes internationaux à Marioupol pendant cette période, et leurs photographies ont été largement utilisées par les médias occidentaux pour couvrir la situation. Le 11 mars, ils prenaient des photos dans un hôpital lorsqu’ils ont été emmenés hors de la ville avec l’aide de soldats ukrainiens. Ils ont réussi à quitter Marioupol sains et saufs.
« Pour moi, en tant qu’Ukrainien, il est important de montrer au monde ce qui se passe réellement sur le terrain. Nous rapportons ce que nous voyons : la vérité et les faits, et nous décrivons la persévérance et le courage des Ukrainiens ordinaires. »
— Evgeniy Maloletka

© Prix Bayeux Calvados-Normandie 2022 – Evgeniy Maloletka / AP


Don McCullin, président du jury de la 30e édition

Pour sa 30e édition, le Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre s’apprête à accueillir l’un des plus grands noms du photojournalisme : le britannique Don (Donald) McCullin a répondu favorablement à l’invitation et accepté d’endosser le costume de Président du jury international. L’homme, célèbre pour ses clichés en noir et blanc, compte profiter de son passage à Bayeux pour discuter avec ses confrères et consœurs de sa vision du métier et de l’avenir des médias d’information.

© Reg Stewart (courtesy Contact Press Images)

Depuis 1959 et la publication de sa première photo dans le journal britannique The Observer, Don McCullin n’a cessé de photographier la guerre et plus largement la condition des miséreux, des indigents, des victimes. La noirceur de ses clichés n’a d’égale que l’humanité de son geste. « J’ai toujours dirigé l’objectif de mon appareil vers celles et ceux qui étaient sans défense face à leur condition, leur société. Je devais parler pour eux. » Parler pour eux. C’est à travers ses photos qu’il le fera pendant plus d’un demi-siècle. Dans les quartiers pauvres de Londres ou sur les terrains de conflit les plus éloignés, il capte une situation, un regard, une expression. « Une histoire transparait toujours dans le regard d’une victime. » Il ressent la misère, la comprend et la révèle, parce qu’il l’a connue. « Quand j’ai commencé à photographier la guerre, la violence m’était déjà familière. Ma vie a commencé dans un quartier de Londres où régnaient la pauvreté, le racisme, la violence et la criminalité. À l’âge de 14 ans, au décès de mon père, j’ai dû arrêter l’école. Je n’avais pas d’avenir et aucun diplôme. Mais j’ai forgé mon esprit et choisi d’emprunter une autre voie que celle de la criminalité. » Ce ne sont donc pas les diplômes mais bien son histoire personnelle et sa sensibilité qui feront de lui un photographe hors pair. « J’ai toujours eu un profond sentiment d’humanité. »

« Quand j’ai commencé à photographier la guerre, la violence m’était déjà familière »

C’est à l’issue de son service militaire au sein de la Royal Air Force – durant lequel il découvre à la fois le voyage et la photographie – que la vie de Don McCullin va amorcer son premier virage. De retour à Londres, armé d’un appareil photo, il immortalise ses amis d’enfance, le gang des Guvnors. Le journal The Observer publie un de ses clichés pour illustrer un fait divers : c’est le début de sa carrière. Très rapidement, il décroche les plus grandes distinctions pour ses photographies d’actualité. En 1961, son reportage sur l’édification du Mur de Berlin est salué par un British Press Award ; en 1964, sa couverture de la guerre civile à Chypre est distinguée par le prestigieux World Press Photo. En 1966, il signe un contrat d’exclusivité avec le magazine du Sunday Times, à qui il restera fidèle jusqu’en 1984. Durant cette période, il couvre tous les conflits : Vietnam, Cambodge, Congo, Israël, Biafra, Irlande du Nord, Bangladesh, Liban, Tchad, Salvador, Iran, Ouganda… Il documente également les famines du Bihar (Inde) et du Biafra (Nigeria). Ses incursions au cœur des points chauds de la planète ne sont pas sans conséquences : tympan perforé, blessures par balle, fractures mais également emprisonnement, expulsion et menaces… Le photographe le reconnaît : « j’ai payé douloureusement, de diverses manières, et je suis chanceux d’être en vie. Mais je ne pouvais pas m’arrêter ; j’aurais pu, mais il y a une forme d’addiction. Durant toutes ces années où j’ai photographié la guerre, je voulais me rendre utile à la société, je voulais expliquer ce qu’il se passait ailleurs. Ce que je faisais n’avait rien de personnel : j’essayais de montrer aux gens la futilité de la guerre. »

« J’ai voulu montrer aux gens la futilité de la guerre »

En parallèle de ses reportages à l’étranger, Don McCullin continue de capturer la misère qui frappe son pays : les enfants pauvres de Bradford, les miséreux de Londres, la classe ouvrière des villes industrielles d’Angleterre… « J’ai vu la pauvreté dans mon pays ; deux millions d’Anglais vivent comme des chiens. Les gens n’ont pas conscience de ça. » Ses clichés de l’Angleterre des années 70 trouvent leur place dans deux ouvrages : Homecoming en 1979 et Hearts of Darkness en 1980. Le second – rétrospective de sa première partie de carrière – fera l’objet d’une exposition au prestigieux Victoria & Albert Museum de Londres l’année de sa sortie, puis à New York l’année suivante. Le début d’une longue série d’expositions à travers le monde. La décennie qui suit marque un tournant dans la carrière de Don McCullin ; s’il continue de couvrir la guerre et ses conséquences sur les populations, le quinquagénaire animé jusqu’ici par l’humain va se prendre de passion pour les paysages. Plus qu’une passion, c’est une véritable thérapie qui commence. « Quand vous passez autant d’années à photographier la guerre comme je l’ai fait, vous ne pouvez pas chasser les images de votre mémoire : il n’existe aucun traitement. Photographier les paysages m’a aidé : j’avais besoin de faire quelque chose de différent. Au lieu d’aller chez un psychiatre, je me suis soigné seul, à l’aide de mon appareil photo. Désormais, la moitié de ma mémoire, c’est la guerre, l’autre, c’est la paix. » Après avoir immortalisé ce qu’il y a de pire dans le monde, Don McCullin capture donc le beau. « Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi comme d’un reporter de guerre, qu’on limite le travail d’une vie à ce seul aspect : j’ai aussi photographié de belles choses. Des fleurs, des paysages, des minorités ethniques… J’ai parcouru le monde et photographié énormément de sujets autres que la guerre. » À travers le monde, oui, mais aussi et surtout à deux pas de chez lui, dans la campagne anglaise du Somerset.

« Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi comme d’un reporter de guerre : j’ai aussi photographié de belles choses »

Si aujourd’hui sa condition physique ne lui permet plus « d’enjamber les haies, de traverser les champs et de parcourir le monde, » Don McCullin poursuit son œuvre à travers ses livres. Après sa célèbre autobiographie publiée en 1990 (Unreasonable Behaviour, sortie en France sous le titre Risques et périls) et de nombreux ouvrages, il publiera en juin 2023 un recueil dédié à l’héritage romain en Turquie. S’en suivra une exposition à Rome dès le mois d’octobre. Un automne chargé s’annonce ainsi pour le photographe prolifique. Les 13 et 14 octobre, il présidera le jury professionnel du 30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Il y retrouvera avec plaisir ses nombreux confrères. « J’ai toujours été heureux lorsque j’étais entouré de journalistes et photoreporters : ce sont mes semblables, ils font partie de ma vie. Ce sera pour moi l’occasion d’avoir leur avis sur la couverture des conflits aujourd’hui, le métier de photojournaliste à l’heure du tout numérique et des réseaux sociaux. Je m’interroge beaucoup sur l’avenir des médias ; ces échanges promettent d’être très intéressants. » Pour celui qui a également perdu de nombreux amis au fil des décennies, et notamment le Français Gilles Caron (disparu au Cambodge en 1970), l’hommage rendu à Bayeux sera un moment fort. « Nous ne devons pas oublier tous ceux qui sont morts pour informer, se sont sacrifiés pour faire éclater la vérité aux yeux du monde. Les jeunes journalistes doivent avoir conscience qu’eux seuls peuvent préserver leur vie. Eux seuls peuvent préserver l’industrie des médias et de l’information. Je viendrai à Bayeux pour différentes raisons mais je veux avant tout utiliser ma voix, mon influence pour dire  Nous devons garder les yeux ouverts. »

« Photography for me is not looking, it’s feeling. If you can’t feel what you’re looking at, then you’re never going to get others to feel anything when they look at your pictures » (donmccullin.com)

1935 – Naissance de Donald McCullin à Londres
1961British Press Award pour son reportage sur l’édification du Mur de Berlin
1964World Press Photo pour sa couverture de la guerre civile à Chypre
1971 – Publication de son premier recueil de photos The Destruction Business
1979 – Publication de Homecoming
1980 – Publication de l’album Hearts of Darkness
1992 et 1993 – Prix Erich-Salomon Parution du Photo Poche n° 53
1993 – Devient le premier photojournaliste commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique
1995 – Ses archives sont représentées et distribuées par Contact Press Images
2001 – Publication de Don McCullin, grand ouvrage rétrospectif
2005 – Expose au Prix Bayeux
2006 – Prix Cornell-Capa (Cornell Capa Infinity Award) de l’International Center of Photography (ICP), New York
2007 – Publication d’In England
2007 – Distinctions par la Royal Photographic Society : FRPS honoraire et Centenary medal pour sa contribution à l’art photographique
2009 – Publication de l’album Reporters sans frontières n°30
2010 – Publication de Southern Frontiers, A Journey Across the Roman Empire sur les ruines de l’empire romain
2013 – Visa d’or d’honneur du Figaro Magazine
2016 – Lucie Award du photojournalisme
2017 – Anobli par la Reine pour services rendus à la photographie. Le Prince Charles préside la cérémonie.
2019 – Large rétrospective à la Tate Britain de Londres
2020Lifetime Achievement Award de l’ICP
2023 – Président du 30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre


Un rendez-vous exceptionnel à destination des scolaires

À l’occasion de la 30e édition du Prix Bayeux, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et le journal Ouest-France proposent un rendez-vous éducatif exceptionnel à destination des lycéens de Normandie et collégiens du Calvados : "Les rencontres HCR – Ouest-France".

Partenaires du Prix Bayeux Calvados-Normandie, le HCR et le journal Ouest-France s’adressent aux scolaires et les invitent à rencontrer des intervenants réfugiés qui témoigneront de leur parcours d’exil, et des experts du HCR qui expliqueront l’importance de la protection internationale pour ceux qui fuient la guerre et les persécutions. À l’heure de l’immédiateté de l’information, le HCR et le journal Ouest-France souhaitent permettre aux jeunes d’avoir accès à la bonne information et de comprendre la situation des réfugiés en France et à travers le monde.


#FREEMORTAZA

 

Le Prix Bayeux est mobilisé aux côtés de Reporters sans frontières pour la libération immédiate du journaliste Mortaza Behboudi
indûment incarcéré dans la capitale afghane depuis le 7 janvier dernier. Lauréat du Prix Bayeux en 2022 avec Dorothée Ollieric
et Nicolas Auer, Mortaza Behboudi était venu sur scène pour parler de la situation en Afghanistan et surtout de son métier de
journaliste de terrain.
Le bilan des exactions commises contre les journalistes dans le monde, publié chaque année par Reporters sans frontières, a
enregistré en 2022 un record de 533 journalistes en détention.


Workshop Magnum Photos - Nikon

© Lorenzo Meloni / Magnum Photos

Magnum Photos, en partenariat avec Nikon France et le Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, est heureux de dévoiler son nouvel atelier photo autour de la Bataille de Normandie. Du 9 au 13 octobre 2023, suivez aux côtés de Lorenzo Meloni les traces des plus grands photographes de la Seconde Guerre mondiale.

Au cours de cet atelier, chaque participant sera invité à réaliser le photoreportage de son choix. Avec la ville de Bayeux comme point de repère et le soutien du photographe Magnum, vous serez encouragé à vous replonger dans l’histoire de la Seconde Guerre mondiale en parcourant les lieux emblématiques du Débarquement.
Après cinq jours intensifs de prises de vue et d’editing, une sélection des travaux sera diffusée le vendredi lors d’une projection publique à la Halle ô Grains.
Nikon France, soutien financier de l’atelier, proposera aux participants une sélection d’appareils photos à utiliser durant ces quelques jours. Un membre de l’équipe sera présent pour apporter son aide et permettre une meilleure prise en main du matériel.

Inscription ici :
https://www.magnumphotos.com/shop/events/workshop/aux-portes-des-plages-du-debarquement-avec-lorenzo-meloni/


Retrouvez la soirée Ukraine animée par Eric Valmir

Vendredi 7 octobre 2022, le Prix Bayeux proposait une grande soirée autour de la situation en Ukraine.

Cette soirée préparée et animée par Eric Valmir s’intitulait « L’Ukraine, épicentre d’une autre longue guerre en Europe ? »
Elle a accueilli de nombreux témoignages tout au long de la soirée, vous pouvez la revoir ici :


Prix Bayeux Calvados-Normandie 2022 : Cérémonie de remise des prix

Visionnez l’intégralité de la cérémonie du 8 octobre 2022


29e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre : le palmarès

Plus de quarante grands reporters étaient réunis à Bayeux, les 7 et 8 octobre 2022, pour délibérer et décerner les trophées des catégories photo, presse écrite, radio, télévision, télévision grand format, jeune reporter (photo) et image vidéo. Trois prix spéciaux ont également été attribués : le Prix Région Normandie des lycéens et des apprentis (télévision), le Prix du public (photo) et le Prix Ouest-France – Jean Marin (presse écrite). Présidé par Thomas Dworzak, le jury international de ce 29e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre a rendu son verdict…

Le mot de Thomas Dworzak, président du jury international :
« J’ai découvert aux côtés de mes confrères des travaux d’une excellence indiscutable. Le niveau était tel qu’il a été difficile de départager les reportages ! Les délibérations ont été intenses, essentielles, très nourries. Entendre les arguments de mes pairs, dont je respecte le travail, restera pour moi une expérience inoubliable. »


CATÉGORIE PHOTO – JURY INTERNATIONAL
PRIX NIKON

1er Prix

Evgeniy MALOLETKA
ASSOCIATED PRESS
A Siege in Mariupol
UKRAINE

Les services d’urgence et des bénévoles portent une femme enceinte blessée en provenance d’une maternité endommagée par un bombardement à Marioupol, Ukraine, le 9 mars 2022. La femme et son bébé sont décédés après que la Russie a bombardé la maternité où elle devait mettre au monde son enfant. © Evgeniy MALOLETKA / AP
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2e Prix

Yasuyoshi CHIBA
AFP
Les rebelles reprennent la capitale du Tigré
MEKELE, ETHIOPIE

3e Prix

Vadim GHIRDA
ASSOCIATED PRESS
War in Ukraine
UKRAINE


CATÉGORIE TV – JURY INTERNATIONAL
PRIX AMNESTY INTERNATIONAL

1er Prix

Théo MANEVAL et Pierre DEHOORNE
FRANCE 5 – C dans l’air
Viktor et le baiser de la guerre
UKRAINE

2e Prix

Mstyslav CHERNOV
ASSOCIATED PRESS
Marioupol – La mort d’une ville ukrainienne
UKRAINE

3e Prix

Jeremy BOWEN et Lee DURANT
BBC
Des cadavres sur la route du cauchemar
UKRAINE


CATÉGORIE PHOTO – PRIX DU PUBLIC
PARRAINÉ PAR L’AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT

1er Prix

Vadim GHIRDA
ASSOCIATED PRESS
War in Ukraine
UKRAINE

Des enfants regardent à travers la fenêtre d’un train non chauffé pour Lviv, le jeudi 3 mars 2022 à Kiev, Ukraine. © Vadim GHIRDA / AP
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CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE – JURY INTERNATIONAL
PRIX DU DÉPARTEMENT DU CALVADOS

1er Prix

Mariam OUEDRAOGO
ÉDITIONS SIDWAYA
Axe Dablo-Kaya : la route de l’enfer des femmes déplacées internes
BURKINA FASO

2e Prix

Margaux BENN
LE FIGARO
En Ukraine, la rage de vivre pour vaincre l’horreur
UKRAINE

3e Prix

Rachida EL AZZOUZI et Mortaza BEHBOUDI
MEDIAPART
À travers l’Afghanistan, six mois après le retour des talibans
AFGHANISTAN


CATÉGORIE RADIO – JURY INTERNATIONAL
PRIX DU COMITÉ DU DÉBARQUEMENT

1er Prix

Maurine MERCIER
FRANCE INFO – RTS
Guerre en Ukraine : une mère et sa fille racontent deux semaines de viols et de terreur à Boutcha
UKRAINE

2e Prix

Quentin SOMMERVILLE
BBC NEWS
La patrouille à pied
UKRAINE

3e Prix

Jeremy BOWEN
BBC NEWS
Iryna Kostenko
UKRAINE


CATÉGORIE JEUNE REPORTER (PHOTO) – JURY INTERNATIONAL
PRIX CRÉDIT AGRICOLE NORMANDIE

1er Prix

Abdulmonam EASSA
Freelance pour Le Monde, The New York Times, Getty Images
La rage pacifique ne meurt pas
SOUDAN

Un jeune homme désorienté après s’être étouffé dans un nuage de gaz lacrymogènes tirés par la police lors d'une manifestation de la Journée de la résistance le 13 novembre 2021 à Omdurman, au nord-ouest de Khartoum. © Abdulmonam EASSA pour Le Monde, The New York Times, Getty Images
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CATÉGORIE TV GRAND FORMAT – JURY INTERNATIONAL
PRIX INTERNATIONAL CRISIS GROUP

1er Prix

Philip COX
THE GUARDIAN
Le Spiderman du Soudan
SOUDAN

2e Prix

Ben C. SOLOMON
Adam DESIDERIO
VICE NEWS
Fall of Kandahar
AFGHANISTAN


CATÉGORIE IMAGE VIDÉO – JURY INTERNATIONAL
PRIX ARTE, FRANCE 24, FRANCE TÉLÉVISIONS

1er Prix

Mstyslav CHERNOV
ASSOCIATED PRESS
Marioupol – La mort d’une ville ukrainienne
UKRAINE


CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE – PRIX OUEST-FRANCE – JEAN MARIN

1er Prix

Nicolas DELESALLE
PARIS MATCH
Ukraine : le convoi de la dernière chance
UKRAINE


CATÉGORIE TV – PRIX RÉGION NORMANDIE DES LYCÉENS ET DES APPRENTIS

1er Prix

Dorothée OLLIERIC, Nicolas AUER et Mortaza BEHBOUDI
France 2
Les petites filles afghanes vendues pour survivre
AFGHANISTAN


Exposition-événement : Albert Londres et l'image

En 1932 disparaissait tragiquement le journaliste et écrivain Albert Londres. Reporter de terrain, l’homme a parcouru le monde pour enquêter, alerter, dénoncer. À sa mort, il a laissé derrière lui l’héritage du journalisme offensif, un prix éponyme et une quantité de documents historiques. En 2022, à l’occasion des 90 ans de la disparition du reporter, le Prix Bayeux Calvados-Normandie propose une exposition-événement autour de son œuvre et plus particulièrement ses photos, méconnues voire inédites.

D’écrivain à photographe

Albert Londres naît à Vichy en 1884. Très tôt, il développe un goût prononcé pour la lecture et la poésie. À dix-huit ans, il monte à Paris où il publie un premier recueil de vers et commence à travailler pour le Salut public, journal lyonnais disposant d’une antenne dans la capitale. Quelques années plus tard, Albert quitte l’équipe du quotidien littéraire pour rejoindre celle du Matin, l’un des grands quotidiens de l’époque. D’expérience en expérience, le poète devient journaliste et le journaliste reporter de guerre. C’est en 1914 qu’il acquiert, un peu par hasard, ce statut. Alors journaliste politique, il interview Jean Jaurès le 31 juillet, quelques heures avant son assassinat. En septembre de la même année, il est envoyé en reportage dans la Marne, au plus près des poilus. À Reims, il assiste au bombardement d’un symbole du royaume de France : seul reporter sur place, son article sur la Cathédrale en flamme lui offre sa première « Une » signée. Comme l’écrit Benoît Heimermann* dans son ouvrage Albert Londres, La plume et la plaie, « il y a un avant et un après "cathédrale de Reims" dans la carrière de Londres ». Le reporter de guerre est né. Les années qui vont suivre vont l’emmener aux quatre coins du monde. Pour Le Petit Journal d’abord, puis L’Excelsior ou Le Petit Parisien. Albert Londres dénonce les injustices et les mauvais traitements. Ses sujets de prédilection sont multiples : les bagnes de Cayenne et Biribi, le sort réservé aux travailleurs d’Afrique noire, aux juifs de Palestine, aux prostituées de Buenos Aires... Par l’écrit, il dénonce. Par l’image, il prouve. Comme tous les reporters de presse écrite, il est accompagné d’un dessinateur-photographe. Jusqu’au jour où il saisit lui-même l’appareil. Plus connu pour ses écrits que pour ses photos, Albert Londres a pourtant laissé un nombre important de documents iconographiques, illustrant ses enquêtes. Certains ont été publiés, d’autres seront exposés pour la toute première fois, à Bayeux.

Des photos inédites

Créée spécialement pour le Prix Bayeux, l’exposition « Albert Londres et l’image » propose ainsi de découvrir cette production méconnue de l’auteur. Pour Hervé Brusini, commissaire de l’exposition et président du Prix Albert Londres**, « l’exposition invite – en ces temps de suspicion massive à l’encontre de l’information – à un voyage aux origines du journalisme contemporain. Elle vise à montrer qu’en plein essor de la presse, aux yeux du reporter Albert Londres, l’image comme le mot avaient déjà ce même objectif, cette même ambition de servir la vérité ». Déployée sur les deux niveaux de l’Hôtel du Doyen, « Albert Londres et l’image » revient chronologiquement sur le parcours du reporter, ses enquêtes, ses ouvrages, sa mort tragique et suspecte. À l’appui de nombreux objets – parmi lesquels des originaux du journal L’Excelsior – la présentation fait le parallèle entre les écrits et les clichés d’Albert Londres. Des vidéos réalisées il y a plus d’un siècle, montrant le journaliste en action, ainsi que du matériel d’époque viennent illustrer les contraintes et techniques du reportage de guerre au début du XXe siècle. Une époque où le métier « veut tendre vers l’image, le temps réel, l’instantanéité, sans en avoir encore les moyens, » conclut Hervé Brusini. Une exposition inédite et essentielle, à découvrir du 3 octobre au 13 novembre à l’Hôtel du Doyen.

* L’auteur sera présent au salon du livre le 8 octobre pour y présenter son ouvrage.
** Le Prix Albert Londres, créé par la fille du reporter en 1933, 18 mois après son décès, continue aujourd’hui, comme le Prix Bayeux, à récompenser chaque année les meilleurs reportages.