L'autre Débarquement devient un film

"L’autre Débarquement : les correspondants de guerre en Normandie", exposition événement proposée fin 2023 à l'occasion du 30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, devient un film de 52 minutes qui reprend un certain nombre de documents montrés à Bayeux.

Écrits, photos et images connues mais également inédites grâce au soutien de grandes agences américaines, d’institutions britanniques, canadiennes et françaises.... Jamais les trois mois de la Bataille de Normandie qui ont suivi le débarquement du 6 juin 1944 n’avaient été vus sous le prisme de cet ensemble de correspondants de guerre qui a fait du Jour J, et de cette opération amphibie hors normes, le plus grand événement médiatique du XXe siècle.

Peu connu, le rôle des femmes reporters apporte la sensibilité d’un autre regard. Un portrait des reporters allemands fournit quant à lui des éléments visuels conservés en France au Fort de Vincennes, près de Paris.

Réalisé par Pascal Vannier, journaliste et commissaire de l’exposition, ce film est une idée partagée entre la Maison de la Recherche en Sciences humaines de l’Université de Caen Normandie, dirigée par Pascal Buléon, et Aurélie Viel, responsable de la programmation du Prix Bayeux Calvados-Normandie.

> Visionner le film en version française

> Visionner le film en version anglaise

La version anglaise est traduite et dite par John Ritchie.


Visuel

Le visuel de l’affiche 2024 reprend une photo du reportage primé en 2023. Il s’agit d’un cliché issu du reportage du photographe italo-britannique Siegfried Modola réalisé entre septembre 2022 et avril 2023 au cœur de la rébellion birmane.

Légende : Des enfants se cachent dans l’abri antiaérien de leur école lors d’un exercice d’urgence en cas de tir de mortier par les forces gouvernementales basées à quelques kilomètres de leur ville, le 24 octobre 2022, Etat de Kayah (Karenni), est du Myanmar (Birmanie). Les enfants font régulièrement des exercices d’urgence en cas d’attaque. Leur ville a été bombardée trois fois l’année dernière. Selon les Nations Unies, des milliers de personnes ont été tuées, quelque 1,4 million ont été déplacées depuis le coup d’État et un tiers de la population du pays a besoin d’aide humanitaire.

Siegfried Modola est un photojournaliste indépendant qui se concentre sur les événements sociaux, humanitaires et géopolitiques. La carrière de Siegfried Modola a démarré lorsqu’il a commencé à travailler pour l’agence de presse Reuters à Nairobi en 2010. Depuis, il a réalisé des reportages dans plus d’une douzaine de pays d’Afrique et a parcouru le monde, s’aventurant dans des environnements divers et souvent difficiles pour mettre en lumière des histoires inédites. Il a travaillé en Europe, au Moyen-Orient, en Asie et en Amérique du Sud : le conflit post-coup d’État au Myanmar, la guerre civile au Sud-Soudan, le conflit en Somalie, la République centrafricaine, le Nigeria, la République démocratique du Congo… Il a couvert la crise des réfugiés vénézuéliens à ses frontières, le dépeuplement de la campagne italienne, les questions d’immigration en Italie/France, la guerre Israël-Gaza de 2014, la crise des réfugiés syriens dans le nord de l’Irak en 2016 et l’exode des réfugiés rohingyas au Bangladesh en 2017, 2018 et 2019. Ses photographies ont été publiées dans certaines des publications les plus importantes du monde entier.

© Prix Bayeux Calvados-Normandie 2023 – Siegfried Modola


Appel à candidatures

Le Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre récompense un reportage sur une situation de conflit ou ses conséquences pour les populations civiles, ou sur un fait d'actualité concernant la défense des libertés et de la démocratie.

Le reportage doit avoir été réalisé entre le 1er juin 2023 et le 31 mai 2024. Un prix de 7 000 € est remis dans chaque catégorie.
Les reportages doivent être envoyés avant le 6 juin 2024 à l’adresse suivante : info@prixbayeux.org
Un envoi par lien de téléchargement est privilégié (wetransfer ou autre)

Les catégories de médias représentées : radio – photo – télévision (formats court et long) – presse écrite et le prix du jeune reporter (photo cette année)

DIX PRIX SONT REMIS

Sept prix attribués par le jury international

  • Prix du Département du Calvados
    Catégorie Presse écrite – 7000 €
  • Prix Amnesty International
    Catégorie Télévision – 7 000 €
  • Prix du Comité du Débarquement
    Catégorie Radio – 7 000 €
  • Prix Nikon
    Catégorie Photo – 7 000 €
  • Prix Mémorial de Caen
    Catégorie Télévision grand format – 7 000 €
  • Prix Crédit Agricole Normandie
    Catégorie Jeune reporter – 3 000 €
  • Prix Arte, France 24 et France Télévisions
    Catégorie Image vidéo – 3 000 €

Trois prix spéciaux

  • Le Prix Ouest-France – Jean Marin (presse écrite)
    – 4000 €
  • Le Prix du Public (photo)
    parrainé par la ville de Bayeux
    – 3000 €
  • Le Prix Région Normandie des Lycéens et des Apprentis (télévision)
    – 3000 €

RAPPEL RÈGLEMENT

Les reportages publiés ou diffusés uniquement sur un média numérique peuvent candidater de la même façon que les autres (pas d’obligation de publication pour la catégorie photo).

– Prix du jeune reporter : en 2024, la catégorie concernée est la photo. Comme il s’agit d’une catégorie différente selon les années, le reportage présenté devra être réalisé entre le 1er juin 2022 et le 31 mai 2024.

– Catégorie télévision : la durée de reportage doit être comprise entre 1’30 et 6 minutes. Le reportage doit être présenté tel qu’il a été diffusé.

– Catégorie radio : la durée de reportage doit être comprise entre 1 et 6 minutes. Le reportage doit être présenté tel qu’il a été diffusé.

– Catégorie photo : la candidature est constituée d’un reportage de 8 à 15 photos.

– Catégorie télévision grand format : la durée de reportage doit être comprise entre 6 et 30 minutes. Le reportage doit être présenté tel qu’il a été diffusé.

– Catégorie presse écrite : la candidature est constituée d’un article ou d’une série de 1 à 3 articles sur le même sujet. Le reportage doit être présenté tel qu’il a été publié.


Clarissa Ward, présidente du jury de la 31e édition

La journaliste anglo-américaine Clarissa Ward, 44 ans, a accepté l’invitation du Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre : la star de CNN endossera en octobre prochain le costume de Présidente du jury international de la 31e édition de l’événement. Un « honneur » et une « grande responsabilité » pour l’une des plus jeunes présidentes de l’histoire du Prix Bayeux.

En décembre dernier, Clarissa Ward devenait la première et seule journaliste d’Occident à entrer dans Gaza sans autorisation et escorte de l’armée israélienne. Un tour de force qui est venu asseoir, s’il le fallait encore, l’aura et la notoriété de cette journaliste polyglotte et déjà primée par neuf Emmy, trois DuPonts et deux Peabodys Awards.

La naissance d’une vocation

Pour Clarissa Ward, tout commence en 2001. Le 11 septembre exactement. Alors qu’elle entame sa dernière année à l’Université de Yale, la jeune étudiante en littérature française, italienne et russe – qui ne se destine alors pas du tout à une carrière dans le journalisme – est profondément marquée par l’attaque du World Trade Center. Plus qu’un traumatisme, c’est une « véritable vocation » qu’elle ressent au plus profond d’elle-même. « Je voulais comprendre comment cela avait pu arriver. Il me semblait qu’une mauvaise communication, une incompréhension entre deux mondes, étaient des éléments de réponse. Être le trait d’union entre deux parties, deux points de vue, est alors devenu une obsession. » À l’écoute de sa vocation, Clarissa termine ses études, obtient son diplôme en littérature et débute sa carrière de reporter.

Une ascension fulgurante

D’abord assistante au service d’édition de nuit de FOX News, Clarissa intègre rapidement ABC puis CBS News. Pour ces grands médias américains, elle est successivement basée à Moscou, Pékin, Londres et foule de nombreux terrains de guerre. Parmi eux, la Syrie lui offre son premier coup d’éclat et une renommée internationale : là-bas, elle réalise une interview de deux combattants occidentaux partis faire le djihad et devient la seule journaliste d’Occident à avoir interviewé un djihadiste de nationalité américaine. En 2015, elle rejoint CNN et accède trois ans plus tard au poste de correspondante internationale en chef, succédant ainsi à Christiane Amanpour. En 2021, elle est en Afghanistan lorsque les Talibans reprennent le pouvoir. En 2022, elle couvre l’invasion russe en Ukraine. À chaque fois, ses reportages de familles en détresse percutent l’opinion. Animée d’une « insatiable curiosité », Clarissa Ward poursuit ainsi la mission qu’elle s’est fixée il y a plus de vingt ans : « mettre en lumière la vie de citoyens ordinaires pris dans des situations extraordinaires ».

De la sensibilité

Et des citoyens ordinaires, Clarissa en a croisés. Beaucoup. Énormément. Tellement qu’elle décide d’en faire un livre. Son ouvrage On All Fronts: the Education of a Journalist, sorti en 2020, lui permet de « partager tous ces moments, tous ces actes de générosité, de résilience, de courage, de bonté et d’altruisme qui ne trouvaient par leur place en première page des journaux mais méritaient d’être racontés ». Ce livre, Clarissa le décrit comme « un mémoire » rédigé aussi pour ses enfants. Mère de trois jeunes garçons – « un deuxième travail à temps plein ! » – la journaliste est convaincue que son travail contribue à faire de ses enfants « de meilleurs citoyens, de meilleurs êtres humains, ouverts sur le monde et son fonctionnement ». Elle explique parallèlement qu’eux-mêmes « ont fait d’elle une meilleure journaliste, dotée d’encore plus de compassion et d’un regard différent sur l’actualité ». Celle qui a vu le pire de ce dont est capable l’humanité garde espoir. « J’ai vu le pire mais également le meilleur. »

Un nouveau rôle

Habituée à « aller où l’actualité [la] mène », Clarissa Ward fera exception en octobre prochain en s’arrêtant quelques jours à Bayeux. Un temps inédit, unique, qu’elle voit comme « une opportunité de se plonger dans le meilleur du journalisme ». Honorée de prendre part aux délibérations « de l’un des prix les plus prestigieux et respectés du reportage de guerre », la correspondante internationale est également consciente de la responsabilité qui lui est confiée. « Animer les débats, départager les reportages n’est pas une tâche facile. Comment juger la qualité d’un reportage ? Jugeons-nous le courage ? L’impact ? La manière de raconter ? L’actualité traitée ? Nous n’avons pas souvent l’occasion de nous interrompre pour prendre du recul et nous questionner sur notre métier. Je suis certaine que les débats seront très riches – les journalistes adorent débattre ! »

Dans les pas de Christiane Amanpour

Liées par leurs origines (elles sont toutes deux nées à Londres), leur poste chez CNN, Clarissa Ward et Christiane Amanpour partageront bientôt un autre point commun : celui d’avoir présidé les travaux du jury du Prix Bayeux. En 2018, la petite ville du Calvados accueillait la vedette des programmes d’information de la chaîne américaine. En 2024, elle réitère avec Clarissa Ward.

Clarissa Ward en quelques dates

1980 — Naissance à Londres
2002 — Graduate Yale University with BA in comparative literature
2002 — CNN Moscou stagiaire
2003 — FOX News Mission de nuit
2005 — S’installe à Beyrouth et commence à travailler comme freelance (Bagdad, Beyrouth et Moyen-Orient)
2007 — ABC Correspondante à Moscou
2009 — ABC Correspondante à Pékin
2011 — CBS Correspondante basée à Londres, couvrant principalement la guerre syrienne
2011 — Peabody Award pour son travail lors du soulèvement en Syrie
2013 — duPont Columbia Award pour son travail en Syrie pour CBS News
2014 — Murrow Award for International Reporting 2015 de l’Université d’État de Washington
2015 — Rejoint CNN
2016 — Peabody Award pour le reportage CNN: ISIS in Iraq and Syria, Undercover in Syria, Battle for Mosul
2016 — David Kaplan Award pour Undercover in Syria
2016 — Excellence in International Reporting Award du Centre international de journalistes
2018 — Nommée correspondante international en chef de CNN
2019 — Reporter de l’année pour l’Alliance pour les femmes dans les médias (AWM)
2020 — Sortie du livre « On All Fronts: the Education of a Journalist »
2020 — duPont Award avec Nic Robertson pour le reportage de CNN sur l’assassinat de Jamal Khashoggi
2023 — duPont Award et Emmy pour sa couverture de la guerre en Ukraine


Un rendez-vous exceptionnel à destination des scolaires

À l’occasion de la 31e édition du Prix Bayeux, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et le journal Ouest-France proposent un rendez-vous éducatif exceptionnel à destination des lycéens de Normandie et collégiens du Calvados : "Les rencontres HCR – Ouest-France".

Partenaires du Prix Bayeux Calvados-Normandie, le HCR et le journal Ouest-France s’adressent aux scolaires et les invitent à rencontrer des intervenants réfugiés qui témoigneront de leur parcours d’exil, et des experts du HCR qui expliqueront l’importance de la protection internationale pour ceux qui fuient la guerre et les persécutions. À l’heure de l’immédiateté de l’information, le HCR et le journal Ouest-France souhaitent permettre aux jeunes d’avoir accès à la bonne information et de comprendre la situation des réfugiés en France et à travers le monde.


Appel à candidatures pour les lectures de portfolio Nikon

Venez présenter votre travail à des grands professionnels de l'image et du photoreportage lors des lectures de portfolio organisées dans le cadre du partenariat entre Nikon et le Prix Bayeux ! Cette année, les lectures auront lieu au Nikon Plaza le lundi 30 septembre 2024 de 13h à 16h et seront animées par :

Dimitri Beck – Directeur de la Photographie (Polka Magazine+Galerie+Factory)
Olga Kravets – Auteure, réalisatrice et photographe (Mutin[R]y)
Bénédicte Kurzen – Photoreporter (Noor)
Véronique de Viguerie – Photoreporter (Getty Reportage / Verbatim Photo)
Édouard Elias – Photoreporter (Galerie Polka)
Adrien Vautier – Photoreporter

Ces lectures s'adressent aux amateurs ou professionnels qui ont déjà réalisé des photoreportages sur des sujets liés à l'actualité internationale ou dans des zones à risques (zones de conflits, d'atteintes à la liberté et à la démocratie...).
Pour candidater, il est nécessaire d’envoyer une lettre de motivation et 20 photographies issues d’un photoreportage sur une thématique précise à nikonbayeux@gmail.com avant le 15 juin 2024.

Les photoreportages sélectionnés profiteront d'une double-exposition : au Nikon Plaza du 1er octobre au 2 novembre, ainsi qu'à la Halle Ô Grains de Bayeux le vendredi 11 octobre dans le cadre des Rencontres Nikon lors de la 31e édition du Prix Bayeux Calvados-Normandie des Correspondants de Guerre. Une soirée de présentation de l'exposition en présence des photographes aura lieu au Nikon Plaza le lundi 30 septembre de 17h à 19h.


Prix Bayeux Calvados-Normandie 2023 : Cérémonie de remise des prix

Visionnez l’intégralité de la cérémonie du 14 octobre 2023


30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre : le palmarès

Plus de quarante grands reporters étaient réunis à Bayeux, les 13 et 14 octobre 2023, pour délibérer et décerner les trophées des catégories photo, presse écrite, radio, télévision, télévision grand format, jeune reporter (presse écrite) et image vidéo. Trois prix spéciaux ont également été attribués : le Prix Région Normandie des lycéens et des apprentis (télévision), le Prix du public (photo) et le Prix Ouest-France – Jean Marin (presse écrite). Présidé par Don McCullin, le jury international de ce 30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre a rendu son verdict…

Le mot de Don McCullin, président du jury international :
« Ce fut un honneur et une très belle expérience d’être Président du jury de la 30e édition du Prix Bayeux. Les deux jours de délibérations ont été riches. Stressants au départ – notamment samedi matin pour moi avec la Catégorie Photo – mais captivants. Les débats ont été à la fois intéressants et difficiles : il n’a pas été simple de départager les sélectionnés mais chaque membre du jury a été attentif et bienveillant. Les perdants ne doivent pas être déçus ; les gagnants méritent leurs prix. »


CATÉGORIE PHOTO – JURY INTERNATIONAL
PRIX NIKON

1er Prix

Siegfried MODOLA
Freelance
Au cœur de la rébellion birmane
BIRMANIE

Des soldats Karenni se réfugient dans un fossé de drainage alors qu'un obus de mortier explose à proximité lors de violents affrontements le 16 avril 2023, dans le village de Daw Nyay Khu, dans l'État de Kayah (Karenni), dans l'est du Myanmar (Birmanie). Deux ans après que le Myanmar a plongé dans la guerre civile, l'armée du pays a pris de plus en plus de mesures drastiques pour détruire le soulèvement, avec un lourd tribut pour la population civile. En avril de cette année, une frappe aérienne de la junte a tué 168 hommes, femmes et enfants. L'année dernière, l'armée a frappé une école avec des hélicoptères d'attaque, tuant plusieurs enfants. Le même mois, un bombardement aérien d'un concert a tué environ 50 personnes. © Siegfried MODOLA
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2e Prix

Evgeniy MALOLETKA
ASSOCIATED PRESS
War in Ukraine
UKRAINE

3e Prix

Alessio MAMO
THE GUARDIAN
Crimes de guerre contre les civils
UKRAINE


CATÉGORIE TV – JURY INTERNATIONAL
PRIX AMNESTY INTERNATIONAL

1er Prix

Nick PATON WALSH
Brice LAINÉ
Natalie GALLON
Etant DUPAIN
CNN
Gangs gain the upper hand in war with Haitian police
HAÏTI

2e Prix

Quentin SOMMERVILLE
Darren CONWAY
BBC NEWS
Sur l’Ukraine, ligne zéro
UKRAINE

3e Prix

Luc LACROIX
Artur KOUN
Alexandra DALSBAEK
France 2
Les deux visages de Marioupol occupée
UKRAINE


CATÉGORIE PHOTO – PRIX DU PUBLIC
PARRAINÉ PAR L’AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT

1er Prix

Paula BRONSTEIN
GETTY IMAGES
The consequences of Ukraine war
UKRAINE

KHARKIV, UKRAINE - Un coucher de soleil coloré est vu sur des tombes militaires qui remplissent un cimetière bondé le 15 mars 2023 à Kharkiv, en Ukraine. Le grand cimetière rappelle combien de personnes ont été récemment tuées à Bakhmut alors que les soldats ukrainiens sont durement touchés de trois côtés par les forces russes, faisant de nombreuses victimes. © Paula BRONSTEIN / Getty Images
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CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE – JURY INTERNATIONAL
PRIX DU DÉPARTEMENT DU CALVADOS

1er Prix

Anthony LOYD
THE TIMES
L’otage oublié
IRAK – SYRIE – MAROC

2e Prix

Louis IMBERT
LE MONDE
Gaza – Cisjordanie
PALESTINE

3e Prix

Florent VERGNES
XXI
Russafrique, les mercenaires de Poutine
RÉPUBLIQUE CENTRAFRICAINE


CATÉGORIE RADIO – JURY INTERNATIONAL
PRIX DU COMITÉ DU DÉBARQUEMENT

1er Prix

Maurine MERCIER
RTS – FRANCE INFO
La double peine d’une mère victime de viols à Boutcha
UKRAINE

2e Prix

Quentin SOMMERVILLE
BBC NEWS
Ligne de front en Ukraine
UKRAINE

3e Prix

Jean Samuel MENTOR
HAITINEWS2000.NET
Haïti : le corps des femmes, terrain de guerre des bandits
HAÏTI


CATÉGORIE JEUNE REPORTER (PRESSE ÉCRITE) – JURY INTERNATIONAL
PRIX CRÉDIT AGRICOLE NORMANDIE

1er Prix

Francis FARRELL
THE KYIV INDEPENDENT
Dans l’enfer de Bakhmout : des mois d’une rare violence
UKRAINE


CATÉGORIE TV GRAND FORMAT – JURY INTERNATIONAL
PRIX INTERNATIONAL CRISIS GROUP

1er Prix

Edward KAPROV
Daniel FAINBERG
Eugene TITOV
Coproduction MAGNETO PRESSE et POLKA
pour ARTE REPORTAGE
Ukraine : un photographe dans la guerre
UKRAINE

2e Prix

Philomène REMY
Quentin BAULIER
Sofia KOCHMAR-TYMOSHENKO
Alexandra DALSBAEK
Simon TERRASSIER
BFM TV
Russie : les enfants volés d’Ukraine
UKRAINE – RUSSIE


CATÉGORIE IMAGE VIDÉO – JURY INTERNATIONAL
PRIX ARTE, FRANCE 24, FRANCE TÉLÉVISIONS

1er Prix

Quentin SOMMERVILLE
Darren CONWAY
BBC NEWS
Sur l’Ukraine, ligne zéro
UKRAINE


CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE – PRIX OUEST-FRANCE – JEAN MARIN

1er Prix

Louis IMBERT
LE MONDE
Gaza – Cisjordanie
PALESTINE


CATÉGORIE TV – PRIX RÉGION NORMANDIE DES LYCÉENS ET DES APPRENTIS

1er Prix

Nick PATON WALSH
Brice LAINÉ
Natalie GALLON
Etant DUPAIN
CNN
Gangs gain the upper hand in war with Haitian police
HAÏTI


L'autre Débarquement : les correspondants de guerre en Normandie

Pour sa 30e édition et à l’aube du 80e anniversaire du Débarquement, le Prix Bayeux propose une exposition exceptionnelle autour des correspondants de guerre de la Bataille de Normandie. « L’autre Débarquement » offre un regard inédit sur le plus grand conflit du XXe siècle : celui de celles et ceux qui, pour rien au monde, n’auraient laissé leur place de témoins historiques. Pascal Vannier, auteur et journaliste bien connu en Normandie pour avoir exercé à la Presse de la Manche et sur France 3, est commissaire de cette exposition inédite. Entretien.

Le correspondant de guerre Charles Lynch s'entretient avec le tirailleur Albert Jesson pendant l'attaque de l'aéroport allemand de Carpiquet. 4/07/1944, Carpiquet © Michael M. Dean / Library and Archives Canada

Pourquoi une exposition sur les correspondants de guerre en Normandie ?

« Si le sujet avait déjà été traité, il ne l’avait jamais été dans sa globalité. Ici, toutes les nationalités, tous les médias sont explorés. Évidemment, la vision anglo-saxonne est prépondérante mais l’on découvrira de nouvelles facettes du traitement médiatique international de cette page d’Histoire. Nous avons tous déjà vu, lu, entendu des reportages réalisés en Normandie en 1944, mais qui sont les correspondants derrière ceux-ci ? Comment les ont-ils réalisés ? Pourquoi ? L’exposition « L’autre Débarquement : les correspondants de guerre en Normandie » est non seulement une grande revue de presse des événements qui ont marqué à tout jamais la région, mais également une mise en lumière du travail des reporters qui ont offert au monde une mémoire indélébile. »

On connaît Capa, Hemingway, Pyle… Quels autres noms retrouvera-t-on dans l’exposition ?

« L’exposition reviendra sur ces grands noms du reportage de guerre mais également sur les destins de journalistes anonymes ayant tout fait pour rejoindre la presse civile. Bert Brandt qui ne faisait confiance à personne et ralliait l’Angleterre en bateau-stop pour amener lui-même ses photos à Londres ; Herman Wall qui, touché à la jambe, ne se souciait que de sauver ses pellicules ; Rudolph Dunbar, chef d’orchestre et correspondant afro-américain qui, après la fin de la guerre, fut le premier artiste noir à diriger le Philharmonique de Berlin… Tous avaient la conviction d’aller défendre les valeurs du monde libre, aux côtés des militaires. Leurs histoires et leurs clichés oubliés seront à découvrir à Bayeux. »

Quelle sera la place des femmes ?

« Toute une partie de l’exposition leur sera consacrée. Au fur et à mesure de l’avancée de nos recherches, nous avons constaté le poids des correspondantes de guerre et le tournant qu’a constitué la Seconde Guerre mondiale pour elles. Malgré le sexisme présent dans la profession et dans les rangs armés – Montgomery les qualifiait de « nuisance inutile » – et en dépit de l’interdiction d’aller au front, elles se sont imposées par la qualité et la sensibilité de leurs reportages. Non sans conséquences… »

De quoi l’exposition sera-t-elle constituée ?

« D’images en noir et blanc et en couleur, de correspondances personnelles, de reportages radiophoniques et d’objets uniques tels ce midget – sorte de gramophone qu’utilisaient les correspondants de la BBC pour enregistrer dans les conditions du direct – ou ces pressbags qui permettaient d’acheminer les bobines jusqu’à Londres. Le Château de Vouilly, centre de presse durant l’été 1944, a l’amabilité de nous prêter la table sur laquelle Ernie Pyle travaillait. Nous aurons aussi des originaux des livres de Robert Capa ainsi que des journaux Life ou Collier’s, avec un article d’Hemingway, ou encore du magazine Signal, outil de propagande nazie. »

Trois correspondantes de guerre (Virginia Irwin du Saint Louis Post Dispatch, Marjorie Avery du Detroit Free Press et Judy Barden du New York Sun) travaillant à l'ombre d'un pommier © Archives de la Manche/conseil dép., Fonds de photographies américaines.

Le point de vue des Allemands sera donc abordé ?

« La revue de presse sera internationale et le portrait des correspondants de guerre allemands ne sera pas éclipsé. Qui étaient-ils ? Quelles étaient leurs relations avec le parti nazi ? Comment le 6 juin a-t-il été traité dans la presse allemande ? Grâce au soutien de l’ECPAD* d’Ivry-sur-Seine, nous avons retrouvé des photos exceptionnelles réalisées par les Allemands. Ce sont des clichés qu’on connait peu voire pas du tout de la Bataille de Normandie. »

« L’autre Débarquement : les correspondants de guerre en Normandie », exposition à découvrir du 9 octobre au 12 novembre 2023 à l’Hôtel du Doyen.

* Établissement de Communication et de Production Audiovisuelle de la Défense


Inscriptions Prix du public

Un jury public désignera, samedi 14 octobre, son lauréat dans la catégorie Photo.

Ce prix du public sera décerné lors de la soirée de remise des prix.
10 h : vote du jury du public parrainé par l’Agence Française de Développement.
11 h : temps d'échange avec la photojournaliste Sandra Calligaro.

Samedi 14 octobre à 10h

Halle ô Grains
66, rue Saint-Jean
Ouverture des portes à 9 h 30

Réservation indispensable ici

En cas d'impossibilité de dernière minute, veuillez nous prévenir au 02 31 51 60 47


Inscriptions soirée de remise des prix

Cette soirée, présentée par Nicolas Poincaré, sera l'occasion de faire le point sur l'actualité de l'année écoulée. Elle sera ponctuée de sujets inédits spécialement réalisés pour ce rendez-vous. Le public découvrira également les reportages lauréats, en présence du jury et de nombreux journalistes.

Samedi 14 octobre à 18h30 

Pavillon Place Gauquelin Despallières

Ouverture des portes à 17h

Réservation obligatoire ici

En cas d'impossibilité de dernière minute, veuillez nous prévenir au 02 31 51 60 47


Lectures de portfolio Nikon - Inscriptions

Les lectures de portfolio Nikon se dérouleront le vendredi 13 octobre 2023 de 13h30 à 16h30 et seront réalisées par des grands professionnels de l'image et du photoreportage. Ces lectures s'adressent aux amateurs et professionnels qui ont déjà réalisé des photoreportages sur des sujets liés à l'actualité ou dans des zones à risques (zones de conflits, manifestations, faits sociétaux...).

Pour candidater, il est nécessaire d’envoyer une lettre de motivation et 20 photographies issues d’un ou plusieurs photoreportages sur une thématique précise à nikonbayeux@gmail.com avant le 3 septembre 2023.


Visuel

Le visuel de l’affiche 2023 reprend une photo du reportage primé en 2022. Il s’agit d’un cliché issu du reportage lauréat du photographe ukrainien Evgeniy Maloletka sur le siège de Marioupol réalisé en mars 2022.

Légende : Des personnes se mettent à terre dans un hôpital pendant un bombardement des forces russes à Marioupol, Ukraine, le vendredi 4 mars 2022.

Evgeniy Maloletka est un photographe de guerre, journaliste et réalisateur ukrainien qui couvre la guerre en Ukraine depuis 2014.
Il a réalisé des reportages sur la révolution Euromaïdan, les manifestations en Biélorussie, la guerre du Haut-Karabagh et la pandémie de COVID-19 en Ukraine.
Son travail a été publié dans de nombreux médias internationaux : TIME, The New York Times, The Washington Post, Der Spiegel, Newsweek, The Independent, El Pais, The Guardian, The Telegraph
En février et mars 2022, lors de l’invasion russe en Ukraine, Mstyslav Chernov et Evgeniy Maloletka, travaillant tous les deux pour Associated Press, ont séjourné à Marioupol, qui était encerclée par les troupes russes, assiégée et soumise à d’intenses bombardements. Ils étaient parmi les rares journalistes et, selon Associated Press, les seuls journalistes internationaux à Marioupol pendant cette période, et leurs photographies ont été largement utilisées par les médias occidentaux pour couvrir la situation. Le 11 mars, ils prenaient des photos dans un hôpital lorsqu’ils ont été emmenés hors de la ville avec l’aide de soldats ukrainiens. Ils ont réussi à quitter Marioupol sains et saufs.
« Pour moi, en tant qu’Ukrainien, il est important de montrer au monde ce qui se passe réellement sur le terrain. Nous rapportons ce que nous voyons : la vérité et les faits, et nous décrivons la persévérance et le courage des Ukrainiens ordinaires. »
— Evgeniy Maloletka

© Prix Bayeux Calvados-Normandie 2022 – Evgeniy Maloletka / AP


Don McCullin, président du jury de la 30e édition

Pour sa 30e édition, le Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre s’apprête à accueillir l’un des plus grands noms du photojournalisme : le britannique Don (Donald) McCullin a répondu favorablement à l’invitation et accepté d’endosser le costume de Président du jury international. L’homme, célèbre pour ses clichés en noir et blanc, compte profiter de son passage à Bayeux pour discuter avec ses confrères et consœurs de sa vision du métier et de l’avenir des médias d’information.

© Reg Stewart (courtesy Contact Press Images)

Depuis 1959 et la publication de sa première photo dans le journal britannique The Observer, Don McCullin n’a cessé de photographier la guerre et plus largement la condition des miséreux, des indigents, des victimes. La noirceur de ses clichés n’a d’égale que l’humanité de son geste. « J’ai toujours dirigé l’objectif de mon appareil vers celles et ceux qui étaient sans défense face à leur condition, leur société. Je devais parler pour eux. » Parler pour eux. C’est à travers ses photos qu’il le fera pendant plus d’un demi-siècle. Dans les quartiers pauvres de Londres ou sur les terrains de conflit les plus éloignés, il capte une situation, un regard, une expression. « Une histoire transparait toujours dans le regard d’une victime. » Il ressent la misère, la comprend et la révèle, parce qu’il l’a connue. « Quand j’ai commencé à photographier la guerre, la violence m’était déjà familière. Ma vie a commencé dans un quartier de Londres où régnaient la pauvreté, le racisme, la violence et la criminalité. À l’âge de 14 ans, au décès de mon père, j’ai dû arrêter l’école. Je n’avais pas d’avenir et aucun diplôme. Mais j’ai forgé mon esprit et choisi d’emprunter une autre voie que celle de la criminalité. » Ce ne sont donc pas les diplômes mais bien son histoire personnelle et sa sensibilité qui feront de lui un photographe hors pair. « J’ai toujours eu un profond sentiment d’humanité. »

« Quand j’ai commencé à photographier la guerre, la violence m’était déjà familière »

C’est à l’issue de son service militaire au sein de la Royal Air Force – durant lequel il découvre à la fois le voyage et la photographie – que la vie de Don McCullin va amorcer son premier virage. De retour à Londres, armé d’un appareil photo, il immortalise ses amis d’enfance, le gang des Guvnors. Le journal The Observer publie un de ses clichés pour illustrer un fait divers : c’est le début de sa carrière. Très rapidement, il décroche les plus grandes distinctions pour ses photographies d’actualité. En 1961, son reportage sur l’édification du Mur de Berlin est salué par un British Press Award ; en 1964, sa couverture de la guerre civile à Chypre est distinguée par le prestigieux World Press Photo. En 1966, il signe un contrat d’exclusivité avec le magazine du Sunday Times, à qui il restera fidèle jusqu’en 1984. Durant cette période, il couvre tous les conflits : Vietnam, Cambodge, Congo, Israël, Biafra, Irlande du Nord, Bangladesh, Liban, Tchad, Salvador, Iran, Ouganda… Il documente également les famines du Bihar (Inde) et du Biafra (Nigeria). Ses incursions au cœur des points chauds de la planète ne sont pas sans conséquences : tympan perforé, blessures par balle, fractures mais également emprisonnement, expulsion et menaces… Le photographe le reconnaît : « j’ai payé douloureusement, de diverses manières, et je suis chanceux d’être en vie. Mais je ne pouvais pas m’arrêter ; j’aurais pu, mais il y a une forme d’addiction. Durant toutes ces années où j’ai photographié la guerre, je voulais me rendre utile à la société, je voulais expliquer ce qu’il se passait ailleurs. Ce que je faisais n’avait rien de personnel : j’essayais de montrer aux gens la futilité de la guerre. »

« J’ai voulu montrer aux gens la futilité de la guerre »

En parallèle de ses reportages à l’étranger, Don McCullin continue de capturer la misère qui frappe son pays : les enfants pauvres de Bradford, les miséreux de Londres, la classe ouvrière des villes industrielles d’Angleterre… « J’ai vu la pauvreté dans mon pays ; deux millions d’Anglais vivent comme des chiens. Les gens n’ont pas conscience de ça. » Ses clichés de l’Angleterre des années 70 trouvent leur place dans deux ouvrages : Homecoming en 1979 et Hearts of Darkness en 1980. Le second – rétrospective de sa première partie de carrière – fera l’objet d’une exposition au prestigieux Victoria & Albert Museum de Londres l’année de sa sortie, puis à New York l’année suivante. Le début d’une longue série d’expositions à travers le monde. La décennie qui suit marque un tournant dans la carrière de Don McCullin ; s’il continue de couvrir la guerre et ses conséquences sur les populations, le quinquagénaire animé jusqu’ici par l’humain va se prendre de passion pour les paysages. Plus qu’une passion, c’est une véritable thérapie qui commence. « Quand vous passez autant d’années à photographier la guerre comme je l’ai fait, vous ne pouvez pas chasser les images de votre mémoire : il n’existe aucun traitement. Photographier les paysages m’a aidé : j’avais besoin de faire quelque chose de différent. Au lieu d’aller chez un psychiatre, je me suis soigné seul, à l’aide de mon appareil photo. Désormais, la moitié de ma mémoire, c’est la guerre, l’autre, c’est la paix. » Après avoir immortalisé ce qu’il y a de pire dans le monde, Don McCullin capture donc le beau. « Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi comme d’un reporter de guerre, qu’on limite le travail d’une vie à ce seul aspect : j’ai aussi photographié de belles choses. Des fleurs, des paysages, des minorités ethniques… J’ai parcouru le monde et photographié énormément de sujets autres que la guerre. » À travers le monde, oui, mais aussi et surtout à deux pas de chez lui, dans la campagne anglaise du Somerset.

« Je ne veux pas qu’on se souvienne de moi comme d’un reporter de guerre : j’ai aussi photographié de belles choses »

Si aujourd’hui sa condition physique ne lui permet plus « d’enjamber les haies, de traverser les champs et de parcourir le monde, » Don McCullin poursuit son œuvre à travers ses livres. Après sa célèbre autobiographie publiée en 1990 (Unreasonable Behaviour, sortie en France sous le titre Risques et périls) et de nombreux ouvrages, il publiera en juin 2023 un recueil dédié à l’héritage romain en Turquie. S’en suivra une exposition à Rome dès le mois d’octobre. Un automne chargé s’annonce ainsi pour le photographe prolifique. Les 13 et 14 octobre, il présidera le jury professionnel du 30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Il y retrouvera avec plaisir ses nombreux confrères. « J’ai toujours été heureux lorsque j’étais entouré de journalistes et photoreporters : ce sont mes semblables, ils font partie de ma vie. Ce sera pour moi l’occasion d’avoir leur avis sur la couverture des conflits aujourd’hui, le métier de photojournaliste à l’heure du tout numérique et des réseaux sociaux. Je m’interroge beaucoup sur l’avenir des médias ; ces échanges promettent d’être très intéressants. » Pour celui qui a également perdu de nombreux amis au fil des décennies, et notamment le Français Gilles Caron (disparu au Cambodge en 1970), l’hommage rendu à Bayeux sera un moment fort. « Nous ne devons pas oublier tous ceux qui sont morts pour informer, se sont sacrifiés pour faire éclater la vérité aux yeux du monde. Les jeunes journalistes doivent avoir conscience qu’eux seuls peuvent préserver leur vie. Eux seuls peuvent préserver l’industrie des médias et de l’information. Je viendrai à Bayeux pour différentes raisons mais je veux avant tout utiliser ma voix, mon influence pour dire  Nous devons garder les yeux ouverts. »

« Photography for me is not looking, it’s feeling. If you can’t feel what you’re looking at, then you’re never going to get others to feel anything when they look at your pictures » (donmccullin.com)

1935 – Naissance de Donald McCullin à Londres
1961British Press Award pour son reportage sur l’édification du Mur de Berlin
1964World Press Photo pour sa couverture de la guerre civile à Chypre
1971 – Publication de son premier recueil de photos The Destruction Business
1979 – Publication de Homecoming
1980 – Publication de l’album Hearts of Darkness
1992 et 1993 – Prix Erich-Salomon Parution du Photo Poche n° 53
1993 – Devient le premier photojournaliste commandeur de l’Ordre de l’Empire britannique
1995 – Ses archives sont représentées et distribuées par Contact Press Images
2001 – Publication de Don McCullin, grand ouvrage rétrospectif
2005 – Expose au Prix Bayeux
2006 – Prix Cornell-Capa (Cornell Capa Infinity Award) de l’International Center of Photography (ICP), New York
2007 – Publication d’In England
2007 – Distinctions par la Royal Photographic Society : FRPS honoraire et Centenary medal pour sa contribution à l’art photographique
2009 – Publication de l’album Reporters sans frontières n°30
2010 – Publication de Southern Frontiers, A Journey Across the Roman Empire sur les ruines de l’empire romain
2013 – Visa d’or d’honneur du Figaro Magazine
2016 – Lucie Award du photojournalisme
2017 – Anobli par la Reine pour services rendus à la photographie. Le Prince Charles préside la cérémonie.
2019 – Large rétrospective à la Tate Britain de Londres
2020Lifetime Achievement Award de l’ICP
2023 – Président du 30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre


Un rendez-vous exceptionnel à destination des scolaires

À l’occasion de la 30e édition du Prix Bayeux, le HCR, l’Agence des Nations Unies pour les réfugiés, et le journal Ouest-France proposent un rendez-vous éducatif exceptionnel à destination des lycéens de Normandie et collégiens du Calvados : "Les rencontres HCR – Ouest-France".

Partenaires du Prix Bayeux Calvados-Normandie, le HCR et le journal Ouest-France s’adressent aux scolaires et les invitent à rencontrer des intervenants réfugiés qui témoigneront de leur parcours d’exil, et des experts du HCR qui expliqueront l’importance de la protection internationale pour ceux qui fuient la guerre et les persécutions. À l’heure de l’immédiateté de l’information, le HCR et le journal Ouest-France souhaitent permettre aux jeunes d’avoir accès à la bonne information et de comprendre la situation des réfugiés en France et à travers le monde.