Lyse Doucet, présidente du jury de la 33e édition

Elle est l’un des visages et l’une des voix célèbres de la BBC : Lyse Doucet, 67 ans, a accepté l’invitation du Prix Bayeux à présider les travaux du jury en octobre prochain. « Une grande responsabilité » que mesure pleinement la journaliste, elle-même lauréate du Prix Bayeux 2014.

© Lee Durant

Originaire de Bathurst au Nouveau-Brunswick, la Canadienne Lyse Doucet revendique fièrement ses racines acadiennes à travers sa maîtrise de la langue française. C’est pourtant bien à Londres que la journaliste est établie depuis 1999, date à laquelle elle a rejoint l’équipe de présentateurs de la BBC. Sa carrière au sein de l’institution britannique a débuté en 1983 : âgée de 25 ans, tout juste diplômée en relations internationales, la jeune Lyse profite alors du dispositif Canadian Crossroads International pour effectuer une mission volontaire qui la conduit jusqu’en Afrique de l’Ouest. À la même période, la BBC y ouvre son premier bureau ; elle devient pigiste. « Je n’avais aucune expérience à part quelques articles, pas d’argent, pas de contacts, mon accent était catastrophique… Rien n’allait ! Mais j’ai pris un risque et cela a fonctionné ! J’étais au bon endroit au bon moment. » Pour Lyse, il n’y a pas eu de moment clé, de « déclic » pour devenir journaliste. Un livre emprunté à la bibliothèque municipale et dont elle a encore le ticket révèle pourtant une ambition née très tôt. Le titre de l’ouvrage ? « Comment devenir journaliste ? »…

Une soif de raconter
De pigiste, Lyse devient correspondante pour la BBC. Son métier – « le plus beau du monde ! » – l’emmène à Islamabad puis à Amman ou encore à Jérusalem. Des années de voyage et de découverte où elle apprend que « pour mieux raconter une société, il faut la comprendre et donc s’en imprégner ». Raconter une société, rapporter l’actualité, Lyse en fait son leitmotiv. Plus qu’une ambition, c’est un véritable mode de vie qu’elle embrasse. « Être journaliste, c’est une façon d’appréhender la vie, de vivre sa vie. » En s’établissant au Moyen Orient, elle construit des relations, tisse le réseau de contacts qui lui manquait à son arrivée, pour finalement nouer des liens très forts. « À force de couvrir ces régions, elles ne sont plus de simples sujets d’actualité : elles font partie intégrante de nos vies. Aller dans ces pays, rencontrer leurs habitants, c’est comme aller dans des lieux qui, d’une certaine manière, sont comme une seconde patrie. Quand on y vit et qu’on y retourne régulièrement, cela enrichit notre histoire et donne une profondeur à nos reportages. »

Comprendre et ne pas ignorer
Ainsi attachée aux régions touchées par la guerre, Lyse s’attarde naturellement sur le sort des civils. Son reportage « Yarmouk » réalisé en 2013 dans la ville syrienne assiégée lui a valu un Prix Bayeux. On y voit un jeune garçon s’effondrer au milieu des ruines, affamé et sans espoir. « Je voulais montrer aux auditeurs, aux téléspectateurs, comment la guerre affecte les gens qui la vivent. Je voulais leur faire comprendre que, malgré la distance, ces guerres étaient et sont aussi les nôtres. Qu’un monde qui va mal n’est pas celui que nous voulons. » Au cœur des conflits, Lyse a ainsi vu le pire mais également cherché et révélé le meilleur de l’être humain. « J’essaie toujours de trouver de l’espoir et de la lumière car je pense que nous en avons tous besoin pour survivre. En temps de guerre, il faut faire preuve d’humanité pour surmonter l’inhumanité. »

Un premier roman
Pour montrer le quotidien en temps de guerre et parce que « les gros titres et les reportages ne donnent qu’un aperçu très partiel de la réalité », Lyse Doucet a récemment exploré une nouvelle manière de raconter ; la journaliste chevronnée a ainsi publié son tout premier livre, A finest hotel in Kabul, dans lequel elle dresse le portrait du peuple afghan à travers les histoires personnelles de quatre employés de l’hôtel Intercontinental de Kaboul. « Dans cet ouvrage, je parle des Afghans mais cela aurait pu être les Gazaouis, les Soudanais, les Iraniens ou les Israéliens. En temps de guerre, les gens doivent trouver chaque matin le courage de se lever et d’affronter leur journée. En temps de guerre, non seulement la vie continue mais elle doit continuer car les gens, quand ils le peuvent, s’accrochent à ce qu’il leur reste de vie. » De cette nouvelle expérience d’auteur, « positive et enrichissante », Lyse ressort « d’autant plus convaincue de l’importance de l’art de raconter : non seulement les histoires mais aussi la manière dont nous les racontons ».

Madame la Présidente
Et comment raconter ce qui se passe dans le monde à l’heure de l’intelligence artificielle et des réseaux sociaux ? Cette question, elle compte bien la mettre à l’ordre du jour du prochain Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre dont elle présidera les travaux du jury. Impatiente de retrouver ses collègues et amis, d’honorer la mémoire de celles et ceux dont les noms sont gravés au Mémorial des reporters, d’échanger avec la jeune génération, Lyse Doucet se prépare très sérieusement à son rôle de Présidente. « Remporter un prix attribué par ses pairs est très particulier. Je le sais car je l’ai vécu. Aussi ai-je conscience de cette grande responsabilité. » Les discussions promettent ainsi d’être riches cet automne dans la petite ville française que les étrangers prononcent maladroitement « Bayou ». Lyse Doucet s’en amuse d’ailleurs beaucoup ! « Bayou, notre petit bijou ! » Après les « Oscars du journalisme » par Ed Vuliamy, « Bayou, le petit bijou des reporters de guerre » s’apprête à accueillir l’une des perles du journalisme. Un honneur partagé.

Lyse Doucet est l’une des membres fondatrices du Marie Colvin Journalists’ Network, un réseau de femmes journalistes arabes. Elle s’engage également auprès de nombreuses autres fondations comme Friends of Aschiana UK qui vient en aide aux enfants des rues en Afghanistan. Elle a été membre du conseil de l’Institut royal des affaires internationales (Chatham House) et est actuellement membre du Conseil international pour les droits de l’homme (CIDH), basé à Genève.

QUELQUES REPÈRES

1983-1988 – Pigiste en Afrique de l’Ouest pour les médias canadiens et la BBC
1989-1993 – Correspondante de la BBC à Islamabad, Pakistan
1994 – Ouvre le bureau de la BBC à Amman, Jordanie
1999 – Rejoint l’équipe de présentateurs de la BBC
2002 – Elle est la seule journaliste à accompagner le président afghan Hamid Karzai au mariage de son frère durant lequel une tentative d’assassinat a lieu. Elle et son équipe ont été nominées pour un Royal Television Society Award pour leur couverture exclusive de la tentative d’assassinat
2007 – Nommée personnalité internationale de télévision de l’année par l’Association for International Broadcasting
2014
– Réalise le documentaire Children of Syria avec le cinéaste Robin Barnwell, nommé dans la catégorie Meilleur documentaire unique aux BAFTA Awards 2015
– Prix Bayeux, catégorie télévision pour son reportage en Syrie « Yarmouk »
– Emmy Award et Peabody Award pour le travail réalisé par son équipe en Syrie
– Est nommée Officier de l’Ordre de l’Empire britannique sur la liste d’honneur de la Reine pour sa contribution au journalisme
2015 – Réalise le documentaire Children of the Gaza War avec le cinéaste James Jones
2016 – Reçoit un Columbia Journalism Award pour l’ensemble de son œuvre
2017 – Reçoit le prix Outstanding Contribution to Broadcasting lors des International Media Awards. Ce prix est décerné aux journalistes dont l’ensemble du travail a permis une meilleure compréhension et, par conséquent, une augmentation des perspectives de paix
2018
– Présente le documentaire Syria: The World’s War pour BBC Two et BBC World
– Premier épisode de Her Story Made History, une série en cinq parties sur BBC Radio 4 qui dresse le portrait de cinq femmes remarquables. Le thème est la relation entre les femmes et la démocratie
– Est nommée membre de l’Ordre du Canada
2021 – Réalise de nombreux reportages depuis l’aéroport de Kaboul après l’offensive des talibans dans le pays
2022 – Aux côtés de Clive Myrie, elle contribue à la couverture par la BBC de l’invasion russe de l’Ukraine, depuis Kiev


France Info en direct et en public de Bayeux

L'émission de Frédéric Carbonne "Tout public" sera en direct et en public vendredi 11 octobre de 13h30 à 14h depuis l'Hôtel du Doyen, rue Lambert Leforestier.

Accès libre

 


L'autre Débarquement devient un film

"L’autre Débarquement : les correspondants de guerre en Normandie", exposition événement proposée fin 2023 à l'occasion du 30e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre, devient un film de 52 minutes qui reprend un certain nombre de documents montrés à Bayeux.

Écrits, photos et images connues mais également inédites grâce au soutien de grandes agences américaines, d’institutions britanniques, canadiennes et françaises.... Jamais les trois mois de la Bataille de Normandie qui ont suivi le débarquement du 6 juin 1944 n’avaient été vus sous le prisme de cet ensemble de correspondants de guerre qui a fait du Jour J, et de cette opération amphibie hors normes, le plus grand événement médiatique du XXe siècle.

Peu connu, le rôle des femmes reporters apporte la sensibilité d’un autre regard. Un portrait des reporters allemands fournit quant à lui des éléments visuels conservés en France au Fort de Vincennes, près de Paris.

Réalisé par Pascal Vannier, journaliste et commissaire de l’exposition, ce film est une idée partagée entre la Maison de la Recherche en Sciences humaines de l’Université de Caen Normandie, dirigée par Pascal Buléon, et Aurélie Viel, responsable de la programmation du Prix Bayeux Calvados-Normandie.

> Visionner le film en version française

> Visionner le film en version anglaise

La version anglaise est traduite et dite par John Ritchie.


Afghanes

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#FREEMORTAZA

 

Le Prix Bayeux est mobilisé aux côtés de Reporters sans frontières pour la libération immédiate du journaliste Mortaza Behboudi
indûment incarcéré dans la capitale afghane depuis le 7 janvier dernier. Lauréat du Prix Bayeux en 2022 avec Dorothée Ollieric
et Nicolas Auer, Mortaza Behboudi était venu sur scène pour parler de la situation en Afghanistan et surtout de son métier de
journaliste de terrain.
Le bilan des exactions commises contre les journalistes dans le monde, publié chaque année par Reporters sans frontières, a
enregistré en 2022 un record de 533 journalistes en détention.


Thomas Dworzak, président du jury de la 29e édition

Spécialiste du Caucase, Thomas Dworzak est un photographe de guerre de renommée internationale. Il a documenté une grande partie des événements mondiaux depuis les années 1990. Il est membre de Magnum Photos depuis 2000 dont il a été le président de 2017 à 2020. Son travail a été publié dans de nombreux médias comme The New Yorker, Newsweek, U.S. News & World Report, Paris Match, The New York Times Magazine, Time… Il a remporté le World Press Photo en 2001 pour un reportage en Tchétchénie.

 

Autodidacte, le photojournaliste Thomas Dworzak (50 ans) a sillonné le monde ces trente dernières années, de l’Afghanistan à l’Irak, en passant par l’ex-Yougoslavie, l’Iran et le Caucase, proposant une vision singulière des conflits. Photographe de la prestigieuse Agence Magnum Photos depuis 2000, il a été récompensé plusieurs fois, notamment par le World Press Photo en 2001 pour son travail en Tchétchénie.

« J’ai grandi dans la quiétude bavaroise, un environnement provincial, très protégé. J’avais besoin d’un challenge extrême. Photographier la guerre, c’est ultime. » Né à Kötzting, en Allemagne en 1972, Thomas Dworzak grandit, dans la petite ville de Cham, au sein d’une famille d’enseignants. En pleine guerre froide, à 7 km du rideau de fer et de la frontière avec la Tchécoslovaquie de l’époque.

 

 

« Le mur venait de tomber mais je n’étais pas attiré par l’Est. Je suis allé en Irlande du Nord, en Israël, en Palestine. Avec l’idée un peu floue d’être photographe. J’avais photographié mais je n’avais pas de culture photo, ni de technique. Un mélange entre un goût pour la provocation ; une envie de voyager ; un intérêt pour les histoires, les récits, et notamment ceux autour de mon grand-père maternel mort à la guerre ou de la déportation de la famille de mon père m’a donné l’envie d’enfiler le fameux gilet de pêcheur. »

Sans réseau ni financements, Thomas Dworzak tente de rejoindre l’ex-Yougoslavie où le plus grand conflit sur le sol européen depuis la Seconde Guerre mondiale vient d’éclater. « J’ai suivi des fascistes allemands volontaires, en Croatie. J’ai envoyé des petits tirages au quotidien "Tageszeitung". Ils n’ont rien gardé. » Le premier coup de pouce survient à Prague où il s’installe pour suivre des cours de langue (il manie le français, l’anglais, l’espagnol et le russe). Il y rencontre le rédacteur en chef du seul journal allemand sur place. Ce dernier lui permet d’obtenir une accréditation. Un sésame.

« Wostok, la plus petite des grandes agences »

En 1992, il s’installe à Moscou puis habite à Tbilissi, en Géorgie, de 1993 à 1998. « Fasciné par le Caucase, j’ai passé la plupart du temps entre Grozny et Tbilissi. La force russe était sans pitié. Les Tchétchènes se battaient fièrement. J’ai découvert un peuple armé jusqu’aux dents, des kalachnikovs partout, mais avec un sens de l’hospitalité incroyable. » Il suit les conflits en Tchétchénie mais aussi au Karabagh et en Abkhazie.

« En 1995, lors d’un retour en Allemagne, je suis allé à l’Ambassade de France. J’ai demandé les pages jaunes et envoyé ma candidature à 40 agences basées à Paris. » Magnum répond poliment que c’est une coopérative avec une procédure très stricte de recrutement. Wostok, "la plus petite des grandes agences", l’enrôle. « Jean-Claude Zullo et sa femme, monténégrine, m’ont pris sous leurs ailes. C’était une petite agence mais très respectée. Ils m’ont sorti de mon isolement. » En 1999, il s'installe à Paris. La même année, appelé par un ami correspondant du Guardian, il couvre la crise au Kosovo. « C’est le boom technologique. J’achète un scanner couleur et un ordinateur. Je deviens autonome. » Son travail autour d’un massacre serbe est remarqué par le U.S. News & World Report. « Je deviens pro. Je gagne de l’argent. J’envoie des photos tous les jours. »

2e prix à Bayeux

Un an après, il retourne en Tchétchénie, après le départ des forces russes. « Le jour et la nuit. Au lieu de circuler librement comme avant, je devais m'entourer de six gardes du corps. Puis, une journaliste anglaise m’a embauché comme traducteur russe. En la ramenant en Tchétchénie comme fixeur, j’ai pu faire des photos exclusives de l’exode tchétchène. J’ai fait les meilleures photos de ma vie, en tant que traducteur. » Son reportage « Départ de Grozny » est publié par Newsweek, Paris Match, le New York Times et décroche le 2e prix à Bayeux en 2000.

Après la chute de Grozny, il entame un projet sur l'impact de la guerre de Tchétchénie dans le Nord-Caucase avoisinant. Ce travail réalisé entre 1992 et 2002 a été publié en 2010, sous la forme du livre Kavkaz.

Il photographie également les événements en Israël, la guerre en Macédoine, la crise des réfugiés au Pakistan, Bagdad sous le contrôle de Saddam Hussein, le Kurdistan irakien.

Basé essentiellement à New York depuis 2004, il photographie le monde politique américain et les conséquences de la guerre en Irak, pays auquel est consacré son projet « M*A*S*H », étonnant travail de composition entre la fiction et la réalité en Irak, exposé à Bayeux, en 2007.

Dworzak intègre l’agence Magnum en 2000, avant d’en devenir président de 2017 à 2020. « L’agence voulait un peu de renouvellement. J’ai été surpris. Pour moi, c’était réservé aux photographes très établis, le Graal. »

Son premier livre est composé de photos… qui ne sont pas les siennes

Après le 11 septembre 2001, Thomas Dworzak passe plusieurs mois en Afghanistan en mission pour le New Yorker. Il en revient avec son premier livre, « Taliban ». Un projet surprenant, provoquant, subversif... Le reporter propose un projet autour de portraits de talibans trouvés dans les arrière-boutiques des échoppes qui réalisent des photos d'identité. On y voit des combattants talibans sur des fonds colorés et fantaisistes, les yeux soulignés d'un trait de khôl… « Les Talibans ont d'abord interdit à tout le monde de prendre des photos. Ensuite, ils ont fermé tous les studios photo, puis les ont rouverts clandestinement et enfin, ils se sont fait prendre en photo. Sauf que personne d'autre n'avait le droit d'en prendre. Mon premier livre est composé de photos qui ne sont pas de moi. »

Depuis, il est allé en Iran et en Haïti. Il a également réalisé des reportages sur les révolutions dans les républiques de l'ex-Union soviétique, la Géorgie, le Kirghizistan et l'Ukraine. Pour son projet le plus récent, « Feldpost » (2013 – 2018), il a photographié la « mémoire » de la première guerre mondiale dans plus de 80 pays. En couvrant la crise des réfugiés de 2015, il a conçu « Europe - un guide photographique pour les réfugiés », un livre auto-produit et distribué gratuitement aux migrants.

Son projet actuel, « War Games » est une recherche de long terme photographiant toute forme de reconstitution, au sens le plus large du terme.

Très « touché » de présider le Prix Bayeux, Thomas Dworzak se dit impatient et curieux de pouvoir débattre du traitement de l’invasion russe en Ukraine avec ses confrères. « Je suis retombé récemment sur une vieille publication qui avait servi à illustrer un article intitulé "Putin’s Wars". C’était en 2000. J’ai l’impression d’avoir fait ma carrière sous l’ombre du dirigeant. Il a instauré une relation malsaine avec les pays voisins. Entre adoration d’un Caucase romantique et répression féroce de toute démarche de liberté. »


Ed Vulliamy, Président du jury de la 27e édition

© Jorge Fregoso – Tijuana, October 2019

“I don’t see myself as a war reporter. I see myself as an anti-war reporter”

À bientôt 66 ans, Ed Vulliamy fait partie de la génération que les journalistes appellent communément la « génération Sarajevo ». Celui qui a couvert dans les années 1990 les conflits en Slovénie, en Croatie, en Bosnie, et plus tard en Irak n’était pourtant pas prédestiné à ce métier si particulier de correspondant de guerre.

« Je déteste la guerre : mon père était pacifiste et ma grand-mère, Irlandaise ayant vécu la guerre d’indépendance, l’était tout autant, explique-t-il. Mais la guerre ne cesse de venir à moi ! »  De fait, alors qu’il étudie les sciences politiques et la philosophie à l’université d’Oxford, le jeune Ed est particulièrement touché par les événements qui surviennent en Irlande du Nord. Son sujet de thèse est tout trouvé et son premier « reportage de guerre » voit le jour. À la fin de ses études, il rejoint les équipes de World in Action, émission d’investigation de la chaîne anglaise locale ITV Granada (anciennement Granada TV). Pour le programme, il couvrira le conflit irlandais pendant huit ans. Sa première spécialisation et ses premières distinctions puisque l’un de ses nombreux documentaires lui vaudra en 1985 le prix de la Royal Télévision Society. Puis il part en Italie : son truc à lui, c’est de couvrir le crime organisé dans la célèbre « Botte » de l’Europe. Missionné alors par The Guardian – à qui il restera fidèle tout au long de sa carrière – le journaliste doit également, pour son employeur et depuis l’Italie, « garder un œil sur la Yougoslavie ». Finalement, c’est plus qu’un œil qu’Ed Vulliamy gardera sur les Balkans : entre 1991 et 1995, le journaliste passera la majeure partie de son temps dans cette région du monde où se succèdent les conflits. Celui qui dit être ainsi « devenu reporter de guerre par accident » remportera de nombreux prix pour son travail dans cette zone à risques. Témoin des pires atrocités, Ed Vulliamy – avec à l’appui les images tournées dans les camps pour son reportage Omarska’s survivors: Bosnia 1992 – témoignera en 2006 devant la Cour Pénale Internationale de La Haye, aux Pays-Bas. Face à lui, sur le banc des accusés, Slobodan Prajlak. Le même Slobodan qui l’avait accueilli 13 ans plus tôt au camp de Dretelj. À cet instant, il devient le premier journaliste depuis le procès de Nuremberg à témoigner dans une affaire de crime de guerre. Lui, « l’accidentel » reporter de guerre.

“I don’t really go to war, war comes to me”

Fin des années 1990 : ciao Italia ! Ed s’envole pour les États-Unis où The Observer – petit frère du Guardian – a besoin de lui comme correspondant. Dans les années 1990, il a déjà couvert de nombreux sujets outre-Atlantique pour l’hebdomadaire britannique. Cette fois, il retrouve son domaine de prédilection et enquête notamment sur le crime organisé et le trafic de stupéfiants le long de la frontière américano-mexicaine. De ses investigations naîtra l’ouvrage Amexica, War Along the Borderline, distingué en 2013 par le prestigieux Prix Ryszard Kapuscinski. Basé à New York en 2001, Ed est aux premières loges lors de l’attentat du World Trade Center : une nouvelle fois, « c’est la guerre qui vient à [lui] ». Pour The Observer, il couvrira par la suite le conflit en Irak et se verra « ignoré voire censuré » lorsqu’il tentera de publier ses articles sur les fausses informations et la non-existence d’armes de destruction massive. Une détermination et une volonté de dire la vérité qui transparaissent dans le film Official Secrets de Gavin Hood (2019), où le public le découvre sous les traits de l’acteur gallois Rhys Ifans.

“To be a good journalist and especially a good war reporter, you have to be a little mad”

Lorsqu’on lui demande comment un journaliste devenu reporter de guerre par accident peut être aussi pleinement investi et déterminé, Ed Vulliamy retourne la question : « Comment faire autrement ? ». Humble, il ajoute : « écrire ou filmer la vérité, aussi terrible soit-elle, est notre mission. Je pense d’ailleurs que c’est ainsi que l’on mesure le professionnalisme dans notre métier : en faisant du mieux qu’on peut ». Mesurer le professionnalisme. C’est tout l’enjeu de son prochain et nouveau rôle de Président du jury international du 27e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre. Sur ce point, le journaliste – qui écrit également des sujets et ouvrages sur le football, la peinture ou la musique – semble intimidé : « j’espère être à la hauteur de l’événement qui pour moi, est la cérémonie des Oscars dans notre métier ! C’est une grande responsabilité, je suis honoré ».

« Je pense qu’au fil du 21e siècle nous pourrons être amenés à modifier notre définition du mot “guerre”. Mes confrères, courageux et formidables, ont surtout couvert des guerres qui ressemblent en quelque sorte à des guerres de l’histoire, mises à jour pour notre époque.  Mais qu’en est-il des nouveaux types de conflit, au Mexique par exemple, où le nombre de décès est trois fois plus élevé qu’en Bosnie, et où le nombre de disparus dépasse de 50 % la totalité de ceux des guerres des Balkans entre 1991 et 1999 ? Et pourtant, pendant cette guerre devenue le conflit le plus meurtrier pour les journalistes, on continue d’aller au marché, à l’école, à la messe ; la ligue de foot fonctionne correctement, les universités sont de qualité : c’est la guerre en temps soi-disant de ‘paix’. Quel nom convient pour évoquer les champs de bataille des gangs criminels au Salvador ou au Honduras ?
Le terme « violence lente » est employé par des universitaires pour caractériser de nombreux conflits à travers le monde. Pour les jeunes générations, qu’il s’agisse de journalistes, de lecteurs ou de téléspectateurs, le terme de « guerre » s’applique aussi bien aux réfugiés ou aux migrations dues à des crises climatiques, qu’aux conflits futurs qui seront liés à l’eau et aux ressources, qu’à des catégories plus traditionnelles de guerre. Tous ces cas de figure rentrent dans le cadre de cette longue guerre entre l’humanité et la nature qui prédominera les générations à venir. Comment caractériser l’anéantissement violent des dernières existences indigènes et les agressions sur les terres et minorités indigènes ? La mise en lumière de ces sujets peut de même coûter la vie à des journalistes.
Dans quelle mesure la violence systématique contre des femmes rentre-t-elle dans nos définitions de la guerre ? Le féminicide en Amérique latine, le culte du viol collectif en Inde ? Cette « guerre entre l’homme et la femme » comme le disait Leonard Cohen ! Nous ne pouvons pas appeler toute forme de violence « guerre » -ce serait ridicule- et le fait que le Prix Bayeux se concentre sur les conflits est ce qui élève Bayeux à un niveau d’honneur au-dessus de tous les autres prix de journalisme. Mais je suis persuadé que les jeunes nous demanderont d’assouplir dans les années à venir la notion de ce qu’on appelle « la guerre », et logiquement donc du reportage de guerre. » — Ed Vulliamy

1954 Ed Vulliamy naît à Notting Hill, Londres

1979 Rejoint les équipe d’ITV Granada (anciennement Granada Television), chaîne TV locale anglaise

1985 Remporte le RTS journalism Award pour son film sur l’Irlande

1986 Rejoint les équipes du journal britannique The Guardian

1991 Couvre la guerre en Irak

1991-1995 Couvre la guerre des Balkans

1992 Granada Television’s What the Paper Say Foreign Correspondent of the Year

1992 British Press Awards International Reporter of the Year

1992 Amnesty International Media Award

1994 James Cameron Award

1997 British Press Awards International Reporter of the Year

2001 Couvre les attentats du 11 septembre à New York

2003-2006 Couvre la guerre en Irak

2006 Devient le premier reporter depuis le procès de Nuremberg à témoigner devant le tribunal international de La Haye

2013 Remporte le Prix Ryszard Kapuscinski pour son livre Amexica: War Along The Borderline

2015 Sortie de l’ouvrage Everything Is Happening: Journey into a painting sur la peinture de Velázquez. Un ouvrage qu’il termine pour son ami auteur Michael Jacobs.

2016 Nommé pour le Prix Ryszard Kapuscinski pour son livre The War Is Dead Long Live the War, Bosnia: The Reckoning.

2018 Sortie du livre When words fail: a life with music, war and peace (Louder Than Bombs aux États-Unis)

2019 Apparaît sous les traits de Rhys Ifans dans le film Official Secrets de Gavin Hood

2020 Honorary Doctorate of the Goldsmiths College of London

2020 Réédition du livre Amexica: War Along he Borderline, dix ans après la première sortie, dans une version actualisée


Appel à candidatures

Le Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre récompense un reportage sur une situation de conflit ou ses conséquences pour les populations civiles, ou sur un fait d'actualité concernant la défense des libertés et de la démocratie.

Le reportage doit avoir été réalisé entre le 1er juin 2019 et le 31 mai 2020. Un prix de 7 000 € est remis dans chaque catégorie.
Les reportages doivent être envoyés avant le 15 juin 2020 à l’adresse suivante : info@prixbayeux.org
Un envoi par lien de téléchargement est privilégié (wetransfer ou autre)

Les catégories de médias représentées : radio – photo – télévision (formats court et long) – presse écrite et le prix du jeune reporter (photo cette année)

DIX PRIX SONT REMIS

Sept prix attribués par le jury international

  • Prix du Département du Calvados – Catégorie Presse écrite – 7 000 €
  • Prix Amnesty International – Catégorie Télévision – 7 000 €
  • Prix du Comité du Débarquement – Catégorie Radio – 7 000 €
  • Prix Nikon – Catégorie Photo – 7 000 €
  • Prix Ville de Bayeux – Catégorie Télévision grand format – 7 000 €
  • Prix Crédit Agricole Normandie – Catégorie Jeune reporter – 3 000 €
  • Prix Arte, France 24 et France Télévisions – Catégorie Image vidéo – 3 000 €

Trois prix spéciaux

  • Le Prix Ouest-France – Jean Marin (presse écrite) – 4000 €
  • Le Prix du Public (photo) parrainé par l’Agence Française de Développement – 3000 €
  • Le Prix Région Normandie des Lycéens et des Apprentis (télévision) – 3000 €

RAPPEL RÈGLEMENT

• Prix du jeune reporter : En 2020, la catégorie concernée est la photo. Comme il s’agit d’une catégorie différente selon les années, le reportage présenté devra être réalisé entre le 1er juin 2018 et le 31 mai 2020.

• Catégorie télévision : la durée de reportage doit être comprise entre 1’30 et 6 minutes. Le reportage doit être présenté tel qu’il a été diffusé.

• Catégorie radio : la durée de reportage doit être comprise entre 1 et 6 minutes. Le reportage doit être présenté tel qu’il a été diffusé.

• Catégorie photo : la candidature est constituée d’un reportage de 8 à 15 photos.

• Catégorie télévision grand format : la durée de reportage doit être comprise entre 6 et 30 minutes. Le reportage doit être présenté tel qu’il a été diffusé.

• Catégorie presse écrite : la candidature est constituée d’un article ou d’une série de un à cinq articles sur le même sujet. Le reportage doit être présenté tel qu’il a été publié.


Visuel

Le visuel de l’affiche 2020 reprend une photo du reportage primé en 2019. Il s’agit d’un cliché de Patrick Chauvel pour Paris Match, issu de son reportage réalisé à Baghouz en Syrie en mars 2019.

Légende: Une enfant au milieu des femmes de Djihadistes rassemblés dans le désert par les Kurdes.

Patrick Chauvel
Depuis plus de cinquante ans, Patrick Chauvel a photographié la majeure partie des conflits qui ont sévi dans le monde. Il est l’un des derniers d’une génération de reporters qui a vécu la guerre des Six Jours, le Viêtnam, le Cambodge, l’Irlande, l’Iran, le Liban, Panama, l’Afghanistan, Israël, la Tchétchénie, la Syrie… Ses images ont fait la Une des plus prestigieux médias dans le monde. Auteur de nombreux documentaires, il a également écrit un ouvrage sur la vie de reporter de guerre, succès de librairies : Rapporteur de guerre.

© Prix Bayeux-Calvados-Normandie photo 2019 – Patrick Chauvel


Guillaume Louyot

Workshop Nikon – Le Manoir

De par son histoire de plus d’un siècle et ses valeurs d’engagement, il est dans l‘ADN de Nikon de soutenir le photojournalisme. Dans le cadre du Prix Bayeux des correspondants de guerre, la marque propose de financer à 12 participants la formation «  REPORTAGE EN ZONES DANGEREUSES » du Manoir créée par l’Académie France Media Monde. Associé à l’INA et soutenu par Reporters sans frontières, le Manoir a déjà formé plus de 360 reporters et techniciens de l’information et collabore avec de nombreux médias comme Le Journal Le Monde, Arte, Canal +, France Télévisions et bien d’autres.
Le Manoir s’impose en effet aujourd’hui comme la formation de référence du domaine. Cette formation diplômante, sous forme d’un workshop de 5 jours, a pour but d’enseigner aux reporters et aux techniciens de l’information les rouages du reportage en zones dangereuses. Elle se tiendra du 6 au 11 octobre 2020.

Guillaume Louyot

© GUILLAUME LOUYOT – FRANCE MEDIAS MONDE

S’il est évident que la recherche et le partage d’information sont essentiels, la sécurité des reporters en mission doit rester la préoccupation majeure et le point de départ de la réflexion éditoriale.

Parce que le premier acteur de cette sécurité est le reporter lui-même, le Manoir propose une formation et une méthode spécifiques dispensées par des journalistes, pour des journalistes, et fait intervenir les meilleurs experts dans les domaines de la santé, du sauvetage, et de la psychologie. L’effet des armes, le danger des mines et l’orientation sont également enseignés par des experts et habitués à la formation des professionnels de l’information. À l’issue de la formation, le reporter évoluant en zone dangereuse est capable de mieux évaluer les risques, de comprendre des situations critiques et de réagir avec une plus grande dextérité aux accidents de reportage. En s’associant avec le Manoir, Nikon souhaite ainsi faire bénéficier aux jeunes talents du photojournalisme de la formation la plus pointue.

COMMENT POSTULER ?

 Pour postuler, les candidats devront envoyer leur dossier, comprenant un CV, une lettre de motivation et une ou plusieurs productions d’un reportage photo réalisé en zones dangereuses, à l’adresse securite.academie@francemm.com avant le 30 août 2020. Nikon, marque qui accompagne l’apprentissage de la pratique photographique, soutient les futurs diplômés en finançant leur formation. Seule une participation de 350€ sera demandée au stagiaire pour couvrir les frais d’hébergement des 5 jours sur place.

 


[Audio] Soirée grands reporters - SCAM Le Venezuela entre guerre civile et guerre froide

Luis Robayo / AFP

Depuis la mort d’Hugo Chavez en 2013, le Venezuela s’enfonce dans une double crise : économique d’abord avec la chute des revenus pétroliers, principale ressource du pays et une hyperinflation à l’origine de pénuries alimentaires et de médicaments qui a provoqué l’exode de quatre millions de Vénézuéliens. Politique ensuite après la victoire de l'opposition aux législatives.

Pour contrer le pouvoir autoritaire du chaviste Nicolas Maduro, l’opposition proclame son leader Juan Gauido président par interim le 23 janvier 2019 avec l’aval des États-Unis et plusieurs pays du continent. Un soutien aussitôt dénoncé par les chavistes, l’État-Major de l’armée, mais aussi la Russie et la Chine. Au-delà d’une géopolitique qui rappelle les heures de la guerre froide, la plus grande confusion règne. Comment sortir de ce blocage politique qui oppose deux camps bien identifiés ? Comment relancer l’économie du pays et améliorer le quotidien de Vénézuéliens en dessous du seuil de pauvreté ? Comment en finir avec la logique des gangs de quartiers et des milices qui propagent un climat de guerre civile ? Comment déjouer les stratégies partisanes et les pressions qui menacent l’indépendance de la presse locale ? Que se passe-t-il réellement au Venezuela ?

Une soirée préparée et animée par Eric Valmir avec notamment Mehdi Lebouachera (AFP), Andreina Flores (RFI), Paula Vasquez et Roméo Langlois (France 24). Retrouvez ici l'intégralité de la soirée :


[Audio] Soirée Rohingyas : la mécanique du crime

Patrick Brown / Panos - Unicef 2019

Rohingya : la mécanique du crime

Un documentaire de Gwenlaouen Le Gouil, pour Arte Théma

Produit par Nova Prod et TV Presse Productions

Ce film est une enquête de terrain, menée à la fois en Birmanie et au Bangladesh, pour démontrer le caractère prémédité du nettoyage ethnique mis en œuvre contre la minorité Rohingya. Son objectif est de décrypter ce « cas d’école de nettoyage ethnique » comme un fait-divers.
Des centaines de villages brûlés, des viols, des massacres à grande échelle, et 700 000 Rohingyas qui quittent la Birmanie et prennent les chemins de l’exil en direction du Bangladesh voisin. Le monde entier a vu ces images d’un peuple en guenilles fuyant les persécutions, à pied ou sur de frêles esquifs. Les Nations unies ont dénoncé un “nettoyage ethnique” puis des “éléments de génocide”.
A première vue, ce massacre à grande échelle suivi d’un exode massif a semblé soudain, comme une explosion de violence, une flambée de haine surgie de nulle part. Mais vider un territoire de la taille d’une région française de sa population en quelques semaines demande des moyens militaires, humains, logistiques. Il faut l’avoir pensé, s’y être préparé. C’est un geste prémédité qui nécessite un minimum d’organisation et d’anticipation.
Les récents événements tragiques vécus par les Rohingyas ne sont que l’achèvement d’une politique de discrimination déjà ancienne, mais ils en sont le dernier acte, le plus brutal, point d’orgue d’un nettoyage ethnique en bonne et due forme. Ces événements étaient donc largement prévisibles.

La projection fut suivie d’un échange avec Gwenlaouen Le Gouil que vous pouvez retrouver ici :


[Audio] Soirée Pour Sama

Waad al-Kateab est une jeune femme syrienne qui vit à Alep lorsque la guerre éclate en 2011. Sous les bombardements, la vie continue. Waad tombe amoureuse, se marie avec Hamza et donne naissance à sa fille, Sama. Elle filme au quotidien les pertes, les espoirs et la solidarité du peuple d’Alep. Son mari médecin sauve des centaines de vies dans un hôpital de fortune. Le couple est déchiré entre la protection de leur enfant et leur combat pour la liberté.
Waad al-Kateab avait remporté en 2017 le Prix Bayeux Calvados-Normandie dans la catégorie télévision et le Prix Région Normandie des lycéens pour son reportage « Le dernier hôpital d’Alep détenu par les rebelles ». Son documentaire Pour Sama a reçu l’oeil d’or, prix du meilleur documentaire au Festival de Cannes en mai dernier.

La projection fut suivie d’un échange avec Cécile Hennion, auteur de l’ouvrage Le fil de nos vies brisées et Firas Kontar. Retrouvez ici l’intégralité de cet échange :


Prix Bayeux Calvados-Normandie 2019 : Cérémonie de remise des prix

Visionnez l’intégralité de la cérémonie du 12 octobre 2019


26e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre : le palmarès

Plus de quarante grands reporters étaient réunis à Bayeux, les 11 et 12 octobre 2019, pour délibérer et décerner les trophées des catégories photo, presse écrite, radio, télévision, télévision grand format, jeune reporter (presse écrite) et image vidéo. Trois prix spéciaux ont également été attribués : le Prix Région Normandie des lycéens et des apprentis (télévision), le Prix du public (photo) et le Prix Ouest-France – Jean Marin (presse écrite). Présidé par Gary Knight, le jury international de ce 26e Prix Bayeux Calvados-Normandie des correspondants de guerre a rendu son verdict…

Le mot de Gary Knight, président du jury international :
« De nos discussions ont assez vite émergé deux ou trois favoris dans chaque catégorie. Nos échanges ont été riches, intéressants, vivants et se sont déroulés dans la bonne humeur. J’ai été ravi de revoir tous mes collègues et de débattre avec eux autour de cette sélection de reportages. Ces instants nous enrichissent mutuellement, nous font grandir et cela est formidable. »


CATÉGORIE PHOTO – JURY INTERNATIONAL
PRIX NIKON

1er Prix

Patrick CHAUVEL
Freelance pour PARIS MATCH
Syrie, la fin de Baghouz
SYRIE

Les regards des djihadistes capturés en disent long sur leur état d’esprit, la fin de Baghouz est loin d’être la fin du problème © Patrick CHAUVEL pour Paris Match
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2e Prix

Rodrigo ABD
ASSOCIATED PRESS
A caravan
MEXIQUE

3e Prix

Andrew QUILTY
AGENCE VU
Quand la guerre rentre à la maison
AFGHANISTAN


CATÉGORIE TV – JURY INTERNATIONAL
PRIX AMNESTY INTERNATIONAL

1er Prix

Orla GUERIN, Lee DURANT et Nicola CAREEM
BBC NEWS
Yémen : un bus touché par une frappe aérienne
YÉMEN

2e Prix

John SUDWORTH et Wang XIQING
BBC NEWS
Les camps d’internement pour les musulmans en Chine
CHINE

3e Prix

Fausto BILOSLAVO
RETE 4
Guerre en Libye
LIBYE


CATÉGORIE PHOTO – PRIX DU PUBLIC
PARRAINÉ PAR L’AGENCE FRANÇAISE DE DÉVELOPPEMENT

1er Prix

Patrick CHAUVEL
Freelance pour PARIS MATCH
Syrie, la fin de Baghouz
SYRIE

Les regards des djihadistes capturés en disent long sur leur état d’esprit, la fin de Baghouz est loin d’être la fin du problème © Patrick CHAUVEL pour Paris Match
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CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE – JURY INTERNATIONAL
PRIX DU DÉPARTEMENT DU CALVADOS

1er Prix

Fritz SCHAAP
Der Spiegel
La guerre et l’épidémie
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)

2e Prix

Wolfgang BAUER
Die Zeit
L’ordre
AFGHANISTAN

3e Prix

Maggie MICHAEL
ASSOCIATED PRESS
Yémen, la sale guerre
YÉMEN


CATÉGORIE RADIO – JURY INTERNATIONAL
PRIX DU COMITÉ DU DÉBARQUEMENT

1er Prix

Sami BOUKHELIFA
RFI
Voyage au bout du califat
SYRIE

2e Prix

Sophie PARMENTIER
France INTER
Françaises, mère et fille, dans une prison de Bagdad
IRAK

3e Prix

Matthieu MONDOLONI
France INFO
Kinan, l’enfant esclave de Daech
SYRIE-IRAK


CATÉGORIE JEUNE REPORTER (PRESSE ÉCRITE) – JURY INTERNATIONAL
PRIX CRÉDIT AGRICOLE NORMANDIE

1er Prix

Wilson FACHE
L’ORIENT-LE JOUR / THE NATIONAL NEWSPAPER / VICE
Gaza, année noire
GAZA


CATÉGORIE TV GRAND FORMAT – JURY INTERNATIONAL
PRIX VILLE DE BAYEUX

1er Prix

Clément GARGOULLAUD et Shafat FAROOQ
Babel Press pour Arte Reportage
Cachemire : les visages de la colère
INDE


CATÉGORIE IMAGE VIDÉO – JURY INTERNATIONAL
PRIX ARTE, FRANCE 24, FRANCE TÉLÉVISIONS

1er Prix

Clément GARGOULLAUD
Babel Press pour Arte Reportage
Cachemire : les visages de la colère
INDE


CATÉGORIE PRESSE ÉCRITE – PRIX OUEST-FRANCE – JEAN MARIN

1er Prix

Fritz SCHAAP
Der Spiegel
La guerre et l’épidémie
RÉPUBLIQUE DÉMOCRATIQUE DU CONGO (RDC)


CATÉGORIE TV – PRIX RÉGION NORMANDIE DES LYCÉENS ET DES APPRENTIS

1er Prix

Leo RAMIREZ, Jesus OLARTE, Yorman MALDONADO, Carlos REYES, Natasha VAZQUEZ et Edinson ESTUPINAN
AFP TV
Venezuela: crisis at the border
VENEZUELA